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Le projet de fusion RG/DST provoque des réticences

Nouvelobs.com

jeudi 23 août 2007, sélectionné par Spyworld

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Les syndicats policiers ont prévenu de leur "vigilance" et de la "grogne" de la base face à la création d’une future Direction du renseignement intérieur.

Le ministère de l’Intérieur envisage de créer une Direction unique du renseignement intérieur, supprimant ainsi de fait la DST et les RG, a-t-on appris, jeudi 23 août, à l’Intérieur et de sources syndicales policières. Le projet n’est néanmoins pas accueilli avec une grande sérénité au sein de la police.

Si la Direction de la surveillance du territoire (DST) et les Renseignements généraux garderont leurs missions, le chantier cher à Nicolas Sarkozy provoque des réticences de la part des policiers. Selon des responsables syndicaux policiers, il s’agit d’une "révolution" dans la police qui, pour l’heure, ne rencontre pas d’opposition de leur part, juste de la "vigilance". Néanmoins, ils reconnaissent que la "base grogne et s’inquiète", notamment parmi les 4.000 policiers des RG "attachés à leur spécificité et leur culture".

Un chantier cher à Sarkozy

La fusion des deux pôles de renseignement français est un chantier, longtemps resté à l’état de "serpent de mer", selon des spécialistes du renseignement civil français, "quelle que soit la couleur politique du gouvernement", est une volonté affichée par Nicolas Sarkozy lorsqu’il était ministre de l’Intérieur puis candidat à l’Elysée.

La place Beauvau préconise une rupture avec les habitudes. Notamment celles des "coups tordus" et des "barbouzeries" qui ont parfois entaché la réputation des RG, voire de la DST, dans de basses affaires politico-médiatiques.

Beauvau envisage la création d’un service unique, la Direction du renseignement intérieur (DRI), un "peu à l’américaine", selon un proche du dossier.

"Grandes oreilles du gouvernement"

La DRI regrouperait, selon des sources au ministère de l’Intérieur, "ce qui relève de l’intérêt de la Nation" : la lutte contre le terrorisme, l’intelligence économique, les courants radicaux. Les quelque 2.000 policiers de la Direction de la surveillance du territoire (DST, contre-espionnage) et un millier environ des RG, déjà en charge de ces domaines, en feraient partie.

La direction des Courses et jeux des RG, qui surveille les hippodromes et les casinos, devrait elle rejoindre la police judiciaire.

Reste le gros des troupes qui, aux RG, scrutent les mouvements sociaux ou d’agriculteurs dans les départements, souvent pour le compte des préfets, ce qui leur a valu leur surnom de "grandes oreilles du gouvernement".

Les 2.000 à 3.000 policiers concernés devraient être répartis dans une "sous-direction de l’information" créée au sein de la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP) et regroupant leurs activités traditionnelles.

Une étude rendue début septembre

Le chantier avait été lancé par le Conseil des ministres le 20 juin. La ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie, bien qu’opposée publiquement à la fusion, avait chargé le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, d’une "étude" sur le sujet.

Elle lui sera rendue, selon l’Intérieur, "début septembre" et contiendra, "sauf imprévu", ces propositions jugées iconoclastes il y a encore quelques années.

Michèle Alliot-Marie, en charge d’assurer la fusion des RG et de la DST, malgré son opposition au projet (Reuters)


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