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Quatre kamikazes du 11-Septembre avaient été identifiés un an avant les attentats

Eric Leser, le Monde

jeudi 23 août 2007, sélectionné par Spyworld

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Le New York Times a encore allongé la liste des occasions manquées par les services de renseignement américains pour empêcher les attaques terroristes du 11 septembre 2001. Le quotidien révèle, en effet, dans son édition du 9 août, qu’une unité de renseignement secrète de l’armée avait identifié, dès l’été 2000, Mohammed Atta et trois autres futurs pirates de l’air du 11-Septembre comme appartenant à une possible cellule d’Al-Qaida opérant aux Etats-Unis.

L’Egyptien Mohammed Atta était le pilote du premier avion qui s’est écrasé sur les tours du World Trade Center et est considéré comme le responsable opérationnel des attentats contre New York et Washington. Les trois autres terroristes repérés, les Saoudiens Marwan Al-Shehhi, Khaled Al-Midhar et Nawaf Al-Hazmi, ont aussi joué un rôle important. Marwan Al-Shehhi appartenait, comme Mohammed Atta et le Yéménite Ramzi Ben Al-Shaiba, qui a coordonné les opérations depuis l’Europe, à la cellule de Hambourg, en Allemagne.

Khaled Al-Midhar et Nawaf Al-Hazmi se trouvaient tous deux dans le vol 77 d’American Airlines qui s’est écrasé sur le Pentagone. Ils sont entrés sur le territoire américain le 15 janvier 2000 après avoir participé, du 5 au 8 janvier, à une réunion très importante d’Al-Qaida à Kuala Lumpur, en Malaisie, destinée à organiser à la fois l’attaque du destroyer Cole, dans le port d’Aden, au Yémen, en octobre 2000, et à lancer les préparatifs des attaques du 11 septembre 2001. La rencontre était surveillée étroitement par la CIA. Mais l’Agence centrale de renseignement n’a mis les deux hommes sur la liste des personnes suspectes de l’immigration que le 23 août 2001. Or ils se trouvaient aux Etats-Unis depuis vingt mois...

Apparemment, l’unité de renseignement militaire baptisée "Able Danger" (Danger réel) avait été plus rapide et avait établi, dès l’été 2000, un schéma précis des réseaux d’Al-Qaida dans le monde. Il comprenait une cellule sur le sol américain, baptisée "Brooklyn", et les photographies figurant sur les visas des quatre suspects. "Able Danger" avait alors recommandé au Commandement militaire des opérations spéciales, dont il dépendait, de partager ses informations avec le FBI (police fédérale).

RAISONS OBSCURES

La suggestion a été rejetée et, pour des raisons obscures, les renseignements n’ont pas été transmis. "Able Danger" avait été créée en 1999, sous l’administration Clinton, par un ordre direct du général Hugh Shelton, alors chef de l’état-major combiné. L’unité avait pour mission de réunir toutes les informations sur Al-Qaida dans le monde et aurait été dissoute.

Cette affaire a été révélée par le parlementaire Curt Weldon, vice-président de la Commission des armées et de celle sur la sécurité intérieure de la Chambre des représentants. Elle a été confirmée au New York Times par un agent de renseignement non identifié. Curt Weldon est un personnage controversé, auteur d’un livre, Countdown to Terror (Compte à rebours de la terreur ), qui accuse l’Iran d’être le principal ennemi des Etats-Unis et de protéger Oussama Ben Laden.

M. Weldon est en conflit avec les services de renseignement, dont il dénonce depuis longtemps les carences. Il se targue d’ajouter un nouvel élément aux conclusions déjà sévères du rapport de la commission sur les attaques du 11-Septembre, rendu public en juillet 2004.

Ce rapport soulignait, sur plus de 500 pages, les erreurs et opportunités ratées par le FBI et la CIA. La police fédérale n’avait ainsi, avant le 11 septembre 2001, "jamais établi une évaluation de la menace sur le sol américain et ne disposait pas des moyens adéquats pour utiliser pleinement et efficacement les informations qu’elle collectait" . La CIA n’était pas beaucoup plus efficace. Ses tentatives pour mettre hors d’état de nuire Al-Qaida et Oussama Ben Laden avant les attentats ont été "désordonnées, confuses et sans effets" . "Entre 1998 et 2001, rien n’est venu perturber les préparatifs des attentats par Al-Qaida." En réponse aux conclusions de la Commission, l’administration Bush a décidé de créer un nouveau poste de directeur national du renseignement pour coordonner les quinze agences fédérales.


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