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Les drones en France

DGA, Ministère de la Défense

mardi 14 juin 2005, sélectionné par Spyworld

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Composantes essentielles des systèmes d’armes modernes, les drones sont aujourd’hui une grande famille. Utilisés pour une multitude de missions, ils sont en France un outil privilégié pour la reconnaissance et l’observation. Panorama de ces « faux-bourdons » qui figurent parmi les stars du salon du Bourget.

Ils font désormais partie de la panoplie des armées modernes. Ils ont été déployés dans tous les conflits impliquant une grande puissance militaire depuis la première guerre du Golfe. « Ils », ce sont les drones, terme anglais signifiant faux-bourdon. Ni avion, ni missile, le drone est « un véhicule aérien sans équipage à bord, généralement récupérable en fin de vol, emportant une charge utile et non destiné à faire impact sur une cible ». Instrument de reconnaissance, d’observation, de brouillage, de relais de communication ou encore d’acquisition de cibles, les véhicules aérien inhabité (UAV) sont de véritables systèmes d’armes.

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Le système de drone tactique intégré (SDTI) de l’armée de terre (crédits : DGA/COMM)

Les systèmes de drones

Un système de drone, même si la partie la plus médiatisée est l’aérodyne, se décline en deux segments : le segment sol et le segment air. Le premier se compose d’une ou plusieurs plates-formes volantes dotées d’une charge utile adaptée à sa mission (caméra gyrostabilisée et/ou infrarouge, brouilleurs de communication...) et de liaison de données. Le second comprend une station sol, fixe ou projetable, qui assure la préparation et la conduite d’une mission, l’exploitation et la communication des données avec le segment air et les organismes de commandement et de coordination. Il est également doté des moyens de décollage et de récupération ainsi que des moyens de maintenance et de reconditionnement.

Mais si les drones gardent toujours cette architecture, ils sont divisés, en France, en deux familles. Primo, les systèmes tactiques opèrent dans un rayon d’action qui ne dépasse pas 200 km, leur endurance est inférieur à 5 heures de vol et, catapultés, boostés ou lancés à la main, demandent une logistique restreinte. Ils sont dits lents ou rapides suivant leur mode de propulsion. Parmi eux figurent également les micro-drones et les drones miniatures. Leurs missions : la surveillance du champ de bataille, la désignation d’objectifs ou encore le brouillage. Les systèmes endurants forment la deuxième famille. Bien qu’une piste classique leur soit nécessaire pour atterrir et décoller, leur architecture ne diffère pas fondamentalement de celle des drones tactiques. Ils se différencient par, comme leur nom l’indique, leur endurance, au maximum 40 heures, leur altitude (plus de 15 000 m), leur rayon d’action (plus de 1 000 km). Ces capacités leur donnent un rôle stratégique car la zone qu’ils couvrent ne se limite pas, pour reprendre les termes d’Etienne Leray, chef du département drones au service des programmes nucléaires et de missiles (SPNuM) de la DGA « à la zone d’action des forces terrestres ». Au sein de cette famille, deux frères : les drones moyenne altitude longue endurance (MALE), et les drones haute altitude longue endurance (HALE).

Les drones français dans les forces

L’idée d’utiliser des drones a atterri très tôt en France. Dès 1970 le drone de surveillance R20 d’Aérospatial, dérivé de la cible CT20 voyait le jour sans être déployé sur un théâtre d’opération. En 1980, elle acquiert le drone rapide CL89 puis en 1991 le MART 1 est envoyé en Irak pour participer à la guerre du Golfe. En 1998 le Crécerelle et le CL289 français prouveront en ex-Yougoslavie l’intérêt primordial des drones dans les guerres modernes et leur complémentarité avec les autres systèmes de renseignements militaires (satellite, avion de reconnaissance).

Aujourd’hui, seule l’armée de terre est équipée de drones avec le système de drone tactique intégré (SDTI) et le CL289. « La DGA et les armées réfléchissent à leur successeur. Après 2010, un seul drone remplacera le SDTI et le CL289 : Le système de drone tactique terrestre (SDTT). Nous ne sommes pour le moment que dans une phase de préparation de programme (recherche et de définition de solutions), explique Etienne Leray. La marine nationale, qui n’utilise pas de drones, souhaite également en acquérir. Elle déploierait un seul type de drone à partir du porte-avions, des frégates et des bateaux de projection et de commandement (BPC) pour la surveillance des groupes aéronavales. On peut donc imaginer aujourd’hui un même drone pour les deux armées. La DGA a d’ailleurs lancé une étude de définition pour répondre aux besoins de l’armée de terre et de la marine et devrait aboutir en 2007 par le développement d’un démonstrateur. » Un drone à voilure tournante et atterrissage verticale, du type hélicoptère, est envisagé : toute les solutions sont étudiées à ce stade. Les problèmes à surmonter : l’autonomie et l’appontage. Dans un avenir moins lointain, fin 2006, l’armée de terre sera équipée de son premier drone miniature le DRAC (drone de renseignement au contact). Né du besoin de « voir au-delà de la colline », « le DRAC sera utilisée comme jumelles déportées », précise François L’Azou, responsable technique du SDTI et du DRAC au SPNuM de la DGA. Les micro-drones ? « Bien que l’armée n’ait pas encore émis de besoins, recherches et études se développent. Ce n’est pas avant 2015 qu’ils serviront d’œil déporté pour le fantassin en milieu urbain. », prévoit Etienne Leray.

L’armée de l’air attend quant à elle son système intérimaire de drone moyenne altitude longue endurance (SIDM). Pour définir son besoin et développer les procédures d’emploi opérationnelle des drones, elle avait acheté en 1998 un système aux Israéliens : le Hunter. « Il a donné de bons résultats au Kosovo puis lors de grands événements tels que le sommet du G8 à Evian ou lors des cérémonies du 60e anniversaire du débarquement. » Développé par EADS et IAI, le SIDM, qui devrait équiper l’armée de l’air en fin d’année, comprendra une liaison de données par satellite, un système de décollage et d’atterrissage automatique, un système anti-givrage et permettra une vision tout temps grâce à son radar SAR (synthetic aperture radar) qui permet d’obtenir des image au travers de la couche nuageuse. Comme son nom l’indique, le SIDM n’est qu’intérimaire. Vers 2010, il devrait céder sa place à l’EUROMALE. « Il s’agit de développer un drone stratégique en unissant l’ensemble des compétences et des besoins européens en drone MALE. En outre ce MALE, devra également remplir les missions du HALE, système extrêmement coûteux. » Du micro-drone au MALE, les armées françaises devraient à l’horizon 2015-2020 être équipées de la panoplie complète des systèmes de drones.

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Maquette du drone Euromale (crédits : Gilles Rolle - DGA/COMM - REA)

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