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Jean-Claude Mallet, un spécialiste reconnu des questions stratégiques

Arnaud de la Grange, le Figaro

vendredi 24 août 2007, sélectionné par Spyworld

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L’ancien patron de la Délégation aux affaires stratégiques a été apprécié par toutes les majorités.

LE PROFIL du nouveau chef de file du livre blanc sur la Défense est plus celui du grand serviteur de l’État que du politique. Mais la nomination par Nicolas Sarkozy de Jean-Claude Mallet peut être vue comme un signe d’ouverture de plus. Ce conseiller d’État a percé sous la gauche, notamment quand Pierre Joxe l’a nommé à la tête de la toute fraîche Délégation aux affaires stratégiques (DAS), créée au coeur du ministère de la Défense. Mais celui que le chef de l’État a choisi pour brosser le paysage stratégique des quinze prochaines années est surtout considéré comme l’un des meilleurs connaisseurs du monde de la défense et des affaires internationales au sein de la haute administration. Une science du monde politico-militaire qui explique sa longévité à son poste de « DAS », sous plusieurs ministres de droite comme de gauche (Millon, Léotard...) et le récent choix de l’Élysée.

Niveau d’éxigence élevé

Au début des années 1990, Jean-Claude Mallet met la Délégation aux affaires stratégiques sur orbite, en faisant un véritable « think-tank » interne au ministère de la Défense. La DAS va devenir une pépinière de talents géopolitiques et nombre des voix qui comptent aujourd’hui dans le monde « civil » de l’expertise géopolitique sont passés par la matrice DAS. Énarque, ancien normalien - spécialiste de Flaubert, et notamment de Madame Bovary - Jean-Claude Mallet plonge avec pugnacité dans les dossiers africains ou transatlantiques. Et acquiert une réputation de bourreau de travail au niveau d’exigence élevé. « On s’amusait à dire que l’on était tous des enfants de la DAS, qui ne pouvaient plus voir leur famille tellement ils travaillaient, se souvient avec un brin de nostalgie un de ses anciens subordonnés, mais on a tous gardé une forte fidélité pour un homme qui avait la hauteur de ne pas diriger à l’autorité mais à l’exemple et à la confiance. Sa grande force était d’accepter toutes les analyses dissonantes, du moment qu’elles étaient intelligentes ». La DAS n’hésite pas à mettre dans les circuits des notes qui remettent en cause les postures diplomatiques traditionnelles. Elle s’ouvre aussi sur l’extérieur, passant des commandes à des chercheurs indépendants ou tissant des partenariats avec la fameuse Rand Corporation.

En quittant la Rue Saint-Dominique, Jean-Claude Mallet fait deux centaines de mètres pour s’installer aux Invalides, en prenant la tête du secrétariat général de la Défense nationale (SGDN), organisme qui, comme son nom ne l’indique pas, dépend de Matignon. Là encore, il impose sa marque en contribuant à relégitimer une institution mal positionnée sur la scène administrative française. Plus récemment, il a été délégué interministériel à l’aide de la France aux États affectés par le tsunami de décembre 2004. Son nom a un temps été évoqué pour la direction de la DGSE, les services secrets français. C’est finalement au service du livre blanc que cet homme de 52 ans va mettre ses capacités de synthèse. Un exercice difficile qui doit éviter à la fois l’écueil de la revue de détail et celui de la fresque géopolitique vague et galvaudée.

Jean-Claude Mallet est aussi un grand connaisseur du monde politico-militaire. - T. Coex/AFP


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