mercredi 13 décembre 2017

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Le "Charles-de-Gaulle" a pris ses quartiers d’hiver à Toulon

Aliette de Broqua, le Figaro

samedi 25 août 2007, sélectionné par Spyworld

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L’entretien du porte-avions durera dix-huit mois et représente un budget de 300 millions d’euros.

« C’EST LE plus grand chantier industriel de la région », se félicite le capitaine de vaisseau Stéphane Boivin, le nouveau pacha du porte-avions Charles-de-Gaulle. Le fleuron de la Marine nationale est en cale sèche dans le grand bassin de la zone Vauban, à Toulon, depuis le 30 juillet. Depuis sa mise en service il y a six ans, c’est sa première indisponibilité programmée pour entretien et réparations, « Iper » dans le jargon de la Marine. Le chantier, qui démarre le 1er septembre, a été confié à DCN Service Toulon

pour lequel c’est la plus grosse opération de « maintien en condition opérationnelle » jamais réalisée. Compte tenu du caractère stratégique du bâtiment, la France ne disposant que d’un seul porte-avions, la Marine a imposé un rythme accéléré : les travaux ne doivent durer que 15 mois au lieu de 30 pour les porte-avions américains ou 22 mois pour les sous-marins nucléaires français. Pour réaliser cette performance, trois ans de préparation ont été nécessaires. Ce chantier de très grande ampleur est en effet très com¬plexe. Et coûteux. Il représente un budget total de 300 millions d’euros dont 230 millions pour l’Iper elle-même et 70 millions pour la modernisation et l’adaptation.

Pas moins de 16500 interventions sont programmées d’ici au 31 octobre 2008 et trois sont particulièrement importantes. Il y a tout d’abord le rechargement des deux cœurs nucléaires du porte-avions, dont le combustible est épuisé. Ensuite, c’est le changement des deux hélices qui lors de la mise en service du Charles-de-Gaulle avaient dû être remplacées en urgence par des pièces en provenance du Clemenceau ou du Foch. Enfin, la troisième grande intervention sera la réfection des installations aéronautiques pour préparer l’arrivée des nouveaux avions de combat.

Mille hommes d’équipage

Pour accueillir ce navire de 261,50 mètres de long et de 64 mètres de large, la Marine a investi 40 millions d’euros dans la rénovation de la zone Vauban dans le port de Toulon : changer des grues, refaire la station de pompage ainsi que les sols du bassin, acquérir un bateau-porte (utilisé pour fermer la forme de radoub et mettre le navire hors d’eau) et implanter autour du bassin un véritable village industriel avec son propre restaurant, capable d’accueillir les 1600 personnes qui travailleront sur le site.

Pour l’heure, mille hommes d’équipage préparent le bateau. Ils devraient fournir 1,2 million d’heures de travail. Et 1,2 million d’heures supplémentaires seront effectuées par 600 salariés de DCNS et d’une cinquantaine d’entreprises sous-traitantes en charge de 40% des travaux. Parmi elles, des poids lourds comme Areva TA (ex-Technicatome), Cegelec, Snef, mais également des entreprises régionales de chaudronnerie, d’électricité ou de mécanique comme le Chantier naval des Baux ou la société Eiffel de Fos-sur-Mer qui a réalisé le bateau-porte de 1200 tonnes.

Depuis son changement de statut en 2003, DCNS est devenue une entreprise autonome. Cela signifie qu’elle doit être rentable tout en pratiquant des prix 20% inférieurs à ce qu’elle facturait quand elle était un service de l’État. Pour cela, DCNS sous-traite une grande partie du travail et se concentre sur la maîtrise d’œuvre, l’ingénierie, les activités les plus spécifiques, les plus risquées et à plus forte valeur ajoutée.


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