samedi 21 octobre 2017

Accueil du site > Renseignement > International > Devenez espion au Spy Museum de Washington

Devenez espion au Spy Museum de Washington

Michel Beaunoyer, La Presse

mardi 28 août 2007, sélectionné par Spyworld

logo

Un musée situé au coeur de la capitale américaine vous plonge avec une efficacité surprenante dans le monde trouble de l’espionnage. Conçu avec intelligence, l’International Spy Museum offre une généreuse collection d’objets relatant l’histoire de l’espionnage aux États-Unis et ailleurs dans le monde.

En plus de cette collection qui vaut le détour à elle seule, le musée regorge de présentations et de postes interactifs permettant au visiteur de se glisser dans la peau d’un agent double en pleine guerre froide.

Le ton est donné dès l’entrée au musée. L’école de l’espionnage décrit les outils et les techniques nécessaires au métier d’espion. Elle explore, à grand renfort de témoignages, les motivations qui ont poussé et poussent encore hommes et femmes à pratiquer ce périlleux métier. On y trouve une collection captivante d’équipements d’espionnage, allant des émetteurs radio cachés dans le talon d’un soulier aux montres-appareils photo en passant par des armes dissimulées dans des paquets de cigarettes, un tube de rouge à lèvres ou encore un parapluie. Toute cette quincaillerie semble tirée des laboratoires de Q dans les films de James Bond. Pourtant, elle a bel et bien été utilisée dans des missions réalisées par des espions des services secrets de plusieurs pays du monde. Chaque objet a droit à sa fiche descriptive.

Une autre partie du musée est consacrée à l’histoire de l’espionnage. Des temps bibliques à aujourd’hui, des agents infiltrés ont souvent joué dans les coulisses des grands événements mondiaux. On y apprend tout sur la photographie de surveillance, le visiteur pouvant même se faire la main sur l’analyse de photos de territoires ennemis prises par satellites. Le musée est d’ailleurs truffé de tels postes invitant l’aspirant espion à déterminer s’il a l’étoffe pour survivre sur le terrain. Comment décoder un message, se déguiser et vaincre le contre-espionnage, passer des messages discrets à ses "employeurs", tout y est expliqué efficacement. Les adolescents adorent, même s’ils ne maîtrisent que des rudiments d’anglais.

Une belle section du musée est consacrée à la guerre froide, époque offrant un décor idéal aux histoires d’espionnage. Cette salle est d’ailleurs aménagée comme un café berlinois, repaire d’agents secrets des deux côtés du rideau de fer. Entre le mur de Berlin et les Trabant, poussives voitures est-allemandes servant à évacuer en cachette des dissidents vers l’Ouest, on plonge dans l’atmosphère oppressante de l’époque. C’est ici, dans une petite pièce, que l’on retrouve, entre autres découvertes, un mobilier en acrylique transparent provenant de l’ambassade d’Allemagne de l’Est à Rome. Ces meubles empêchaient l’implantation d’émetteurs cachés.

Il faut compter au moins deux heures pour parcourir tous les recoins de ce musée. Ajoutez facilement une heure additionnelle si vous êtes accros au monde interlope ou si la foule des visiteurs vous ralentit. Le musée de l’espionnage connaît en effet une grande popularité. Il est donc préférable de s’y rendre à l’ouverture, dès 9h ou 10h, ou, encore mieux, de réserver sa visite en achetant les billets le jour précédent pour une heure fixe.

Il aura fallu sept ans de préparation avant d’ouvrir le musée, en 2002, dans cinq immeubles du XIXe siècle, rénovés et communicants. D’anciens directeurs et hauts dirigeants de la CIA, du FBI et du KGB ont contribué par leur expertise au développement du projet. En sortant de l’édifice, après des heures de découvertes laissant l’impression d’avoir vraiment approfondi ses connaissances de l’univers de l’espionnage, on comprend tout le sérieux mis derrière l’opération.

L’ International Spy Museum est situé dans le quartier historique de Penn, à un coin de rue des bureaux du FBI. Coïncidence ? On peut en douter.

International Spy Museum Frais d’entrée : 16$ par adulte et 13$ pour les enfants de moins de 11 ans. 800 F Street, NW, Washington. spymuseum.com

Non, cette chaussure cachant un émetteur ne provient pas d’une boutique de farces et attrapes. Des agents russes l’ont utilisée dans les années 1960. - Photo International Spy Museum


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :

3 Messages de forum