lundi 23 octobre 2017

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Le piratage en Allemagne ravive les craintes d’espionnage informatique

Christophe Auffray, JDN Solutions

mardi 28 août 2007, sélectionné par Spyworld

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Des ministères allemands sensibles ont été la cible de programmes espions. La Chine est suspectée. La guerre économique se livre aussi par le biais du piratage étatique. D’autres pays sont aussi suspectés.

Le spectre de la menace chinoise n’est pas seulement de nature économique. Il serait en effet vraisemblablement aussi d’ordre informatique. Lors de sa rencontre avec les dirigeants chinois, la chancelière allemande Angela Merkel a ainsi eu l’occasion de discuter d’autres sujets que celui des droits de l’Homme après que plusieurs ministères sensibles aient été la cible de virus espions.

Il s’agirait des ministères allemands de la recherche, de l’économie, des affaires étrangères, mais aussi de la Chancellerie elle-même. Selon l’hebdomadaire Der Spiegel, le gouvernement aurait été victime de chevaux de Troie, des programmes conçus pour dérober des informations. Le journal suspecte l’armée chinoise d’être à l’origine de cette attaque. Un porte-parole, pour d’évidentes raisons diplomatiques, s’est borné à confirmer l’attaque de pirates informatiques contre des ministères sans préciser leur origine.

A Pékin pour un voyage officiel, Angela Merkel a néanmoins abordé avec ses homologues chinois la question du piratage économique. Selon Spiegel, les administrations ne seraient pas les uniques cibles de ces pratiques d’espionnage informatique commandé par les autorités chinoises. Laboratoires de recherche et entreprises seraient elles aussi visées.

L’Allemagne n’est toutefois pas le premier pays à faire état d’un piratage étatique - qui par ailleurs reste à démontrer - en provenance de la Chine. En juillet 2006 notamment, une section du Département américain du commerce, le Bureau of Industry and Security (BIS) avait été la cible de pirates informatiques. Les soupçons se portaient sur la Chine.

Xiaodong Sheldon Meng, inculpé aux Etats-Unis, a plaidé coupable en août pour espionnage industriel au profit de la marine de son pays, la Chine. Il est accusé d’avoir dérobé des secrets industriels de son employeur, une société informatique de San Francisco, Quantum 3D. Celle-ci développe un logiciel utilisé dans le cadre d’applications militaires, notamment pour des simulateurs de combat.

L’année dernière, le Royaume-Uni déclarait que plus de 300 agences gouvernementales et entreprises du pays avaient été la cible d’attaques menées depuis cette partie du globe (sans pour autant accuser les autorités chinoises). Cependant, la Chine n’est pas le seul état suspecté de s’adonner à l’espionnage informatique. Les Etats-Unis sont aussi soupçonnés, notamment par le biais du réseau Echelon.

En outre, en 2005, était révélé devant le sénat américain, l’existence du Joint Functionnal Component Command for Network Warfare (JFCCNW), une unité composée de hackers au service de l’armée américaine. Le projet Carnivore initié par le FBI en 1997 pour écouter le réseau IP des fournisseurs d’accès ou encore le ver espion Magic Lantern (que certains éditeurs d’antivirus auraient acceptés de ne pas détecter) sont fréquemment évoqués.

La Russie et les pays de l’ex bloc communiste (Ukraine, Roumanie, Bulgarie) possèdent eux aussi de nombreux et éminents spécialistes du piratage. L’espionnage pourrait ne pas être l’unique exploitation de ses compétences techniques. l’Asymmetric Threats Contingency Alliance (ATCA) accusait ainsi la Russie d’être impliquée dans la cyber-attaque lancée en avril dernier contre son voisin estonien.


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