samedi 21 octobre 2017

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« Nous cherchons à harmoniser l’enseignement de l’intelligence économique »

Stéphane Boudrandi, directeur délégué du Centre d’intelligence économique de Sciences Po Aix, Propos recueillis par Imen Hazgui, Easybourse.com

mercredi 29 août 2007, sélectionné par Spyworld

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(Easybourse.com) Si vous deviez définir l’intelligence économique ?

Trois mots me semblent prépondérants : objectif, projet et équipe. Il s’agit d’une nouvelle manière d’appréhender les choses, une nouvelle méthode pour comprendre le monde environnant, qui suppose une obligation de partage d’informations.

Quelle est la situation actuelle de l’enseignement de l’intelligence économique ?

Qu’en est-il de l’harmonisation de cet enseignement ?

Le marché de l’intelligence économique se caractérise par le fait qu’il y a beaucoup plus d’offres que de demandes. Ainsi, les besoins doivent être identifiés pour proposer des offres appropriées. Qu’en pensez-vous ?

Que faites-vous pour améliorer la situation ?

Concrètement qu’est-ce que c’est ?

Au-delà de cette formation, y a-t-il d’autres mesures ?

Est-ce que vous faites le suivi de l’impact de ces formations ?

L’information est aujourd’hui un avantage compétitif, et la partager n’est pas une chose évidente. Comment convaincre les acteurs de jouer le jeu ?

Concrètement, quel intérêt pourrait avoir une PME/TPE à s’inscrire dans ce réseau ?

Compte tenu de la multiplication des offres, comment choisir la bonne formation en intelligence économique ?

Imaginons que je suis une PME et que je viens vous voir pour une formation IE. De quelle manière répondriez-vous à ma demande ?

Selon vous, quel lien peut-on faire entre l’intelligence économique et les actifs immatériels ?

Lire l’interview


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1 Message

  • Difficile pourtant d’adhérer en y voyant si peu clair !

    « Il s’agit d’une nouvelle manière d’appréhender les choses » nous dit Stéphane Boudrandi. Si quelque chose est nouveau, c’est bien sa manière de définir l’IE : un “objectif”, un “projet” et une “équipe”. Celle-là, on ne nous l’avait encore jamais servie. Nous voilà bien fixés sur ce qu’est l’IE !

    En revanche, on cherche en vain la nouveauté pour “appréhender les choses” : si on a un projet, il vaut mieux en effet que celui-ci ait un objectif et une équipe pour le mener à bien ! Où est la nouveauté ? Depuis que la terre est terre, l’activité humaine repose sur des objectifs qui font l’objet de projets mis en œuvre par des équipes !

    Partant de là, on comprend que l’harmonisation de l’enseignement soit difficile, d’autant plus que « pour enseigner », nous dit on, il faut « susciter l’adhésion d’un maximum d’acteurs ». Difficile d’adhérer à un projet présenté ainsi.

    “Partenariat gagnant-gagnant” ou partenariat "gogo-gogo" ?

    Mais, venons en au cœur du problème : la difficulté “indéniable”, selon Stéphane Boudrandi, du partage de l’information, en particulier dans les pôles de compétitivité.

    En effet, si on veut être “compétitif”, il vaut mieux éviter de donner des munitions aux autres concurrents en partageant avec eux une information qui est la principale source du succès. « l’État doit être garant de la sécurité des informations échangées sur des projets par les différents partenaires » nous dit Stéphane Boudrandi. Mais, comment faire le tri entre partenaires et concurrents potentiels dans un environnement de compétitivité exacerbée ?

    Le problème est insoluble, parce que mal posé. L’Etat n’est pas tout puissant. Alors même qu’on lui demande de moins en moins d’assurer la sécurité de ses entreprises en abandonnant peu à peu à des officines privées un bon nombre de ses activités régaliennes de police (enquêtes, lutte contre la fraude, …), on voudrait lui demander de se porter garant de la sécurité d’informations échangées entre individus privés (chercheurs, ingénieurs,…). Un peu utopique, non ?

    L’Etat devrait, nous dit-on, « s’assurer qu’il s’agit véritablement d’un partenariat gagnant-gagnant et qu’il n’est pas question de pillage de l’information ». Il serait bien naïf de croire au partenariat dans le cadre d’une économie fondée sur l’exacerbation des concurrences !

    Soit on considère l’économie, ou plutôt les affaires (le business) comme une activité d’échanges de biens et de services basée sur des relations de confiance entre fournisseurs, partenaires et clients, où la libre concurrence n’est là que pour réguler le système et éviter les situations de monopole impliquant une prise en ôtage du client par le fournisseur. Alors, dans ce cas, et seulement dans ce cas, on peut parler de “partenariat gagnant-gagnant”, à condition que l’Etat exerce son rôle régalien de gendarme de la concurrence en renforçant l’arsenal règlementaire et en réprimant la fraude, plutôt qu’en appelant à la mobilisation générale dans la guerre économique.

    Soit, à l’inverse, on considère, comme le font beaucoup de nos grands stratèges de l’intelligence économique promoteurs de la guerre économique à outrance, le champ économique comme un champ de bataille où, si tous les coups ne sont pas formellement permis, ils restent pratiqués faute de volonté de la part de la puissance publique de les empêcher. Alors, le "partenariat gagnant-gagnant" devient inévitablement, dans ce cas, un partenariat gogo-gogo.