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L’espionnage informatique fait débat outre-Rhin

Pierre Bocev, le Figaro

vendredi 31 août 2007, sélectionné par Spyworld

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Le ministère de l’Intérieur veut « fouiller » à distance les ordinateurs de terroristes.

WOLFGANG SCHÄUBLE, le ministre CDU de l’Intérieur, veut que la police criminelle fédérale (BKA) obtienne le droit de « fouiller » à distance les ordinateurs des terroristes présumés. Le débat sur ce sujet sensible dure depuis un an. Il vient d’être relancé par la fuite d’un document dans lequel le ministère résume les données du problème et ses intentions.

L’idée est d’accéder à l’ordinateur d’un suspect sans qu’il s’en rende compte et d’en faire l’inventaire ou de suivre en temps réel son activité. Les experts du BKA prévoient de recourir à des chevaux de Troie, une espèce de virus à introduire dans l’ordinateur comme les Grecs avaient déjoué la vigilance de Troie grâce au cheval devenu proverbial. Pour cela, il est envisagé de dissimuler le virus dans le courriel d’une institution officielle anodine. Cette façon d’agir comporte de « gros risques » et n’est prévue que dans des « cas exceptionnels et justifiés », souligne ce document de 22 pages daté du 22 août.

Critiques modérées du SPD

« En aucun cas », fulmine Peter Schaar, le responsable du gouvernement pour la liberté informatique. Si un citoyen reçoit un courrier électronique d’une administration lambda, « il doit être certain qu’il provient bien d’elle et non pas, par exemple, du BKA ». Quant à l’utilisation en justice de données obtenues de cette façon, elle lui paraît « impensable ».

Les sociaux-démocrates du SPD sont réticents. Le député Sebastian Edathy se demande « si un terroriste peut être suffisamment idiot pour ouvrir un tel courriel ». Mais les critiques du SPD restent modérées. Otto Schily, leur ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Schröder, avait autorisé les services secrets à faire de telles perquisitions à distance avant que la Cour fédérale de justice ne les interdise.

Dans une interview au magazine Stern, Jörg Ziercke, le patron du BKA, minimise la portée du projet. Cet espionnage informatique à distance, dit-il, n’interviendrait que « cinq à dix fois par an », ne serait possible qu’avec l’aval de la justice et se limiterait aux seuls cas de terrorisme. La pratique incriminée, selon le document du ministère de l’Intérieur, est légalement autorisée en Roumanie, à Chypre, en Lettonie et en Espagne, parmi les pays de l’UE.


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1 Message

  • L’espionnage informatique fait débat outre-Rhin 3 septembre 2007 19:43, par Saphir

    Il me semble un peu court et léger de la part de Wolfgang SCHÄUBLE, tout ministre qu’il est, de croire les terroriste assez naïfs pour utiliser un ordinateur contenant des données "sensibles" en le raccordant sur le net ! qui plus est, en claironnant haut et fort ce genre de projet ! que ce soit un effet d’annonce pour faire avaler à la masse bien pensante que c’est pour son bien, soit, mais ne serait-il pas plus honnête (est-ce un qualificatif courant pour un politique ?) de dire que sous ce prétexte -auquel aucun responsable digne de compétence ne peut croire efficace- il s’agit plutôt de contrôler l’utilisateur lambda... ?

    Cordialement,