lundi 11 décembre 2017

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Big Brother britannique, le MI5 gardait un oeil bienveillant sur George Orwell

AP

mercredi 5 septembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Les opinions de gauche du célèbre auteur de "1984", George Orwell, lui ont valu d’être considéré à tort comme un communiste par la police britannique, selon le MI5, le service de renseignement national, qui est intervenu pour corriger ce jugement, révèlent des documents rendus publics mardi.

Le dossier secret tenu par le MI5 sur l’écrivain de 1929 à sa mort en 1950 a été déclassifié par les Archives nationales britanniques. Il montre qu’Orwell, de son vrai nom Eric Arthur Blair, a attiré l’attention de la police en 1936 pour de présumées "activités communistes à Wigan". Alors âgé de 33 ans, il s’était rendu dans cette ville minière pour mener des recherches sur la condition de la classe ouvrière dans le nord de l’Angleterre.

En 1942, alors qu’Orwell travaille pour le service indien de la BBC, un rapport d’un certain sergent Ewing, de la Branche spéciale de la police, spécialisée dans le renseignement, affirme à propos de l’écrivain qu’il a des "opinions communistes avancées" et que "plusieurs de ses amis indiens disent l’avoir souvent vu à des réunions communistes". Ces affirmations n’ont toutefois pas convaincu le MI5.

Selon une note, un membre du MI5 nommé W. Ogilvie a téléphoné à la Branche spéciale pour demander des explications. Un inspecteur lui a répondu que le sergent Ewing avait eu le sentiment qu’Orwell était un "communiste non orthodoxe".

"J’en ai conclu que ce brave sergent ne savait pas comment décrire cette ligne plutôt singulière", écrit Ogilvie. "Il est évident au vu de ses récents écrits (...) qu’(Orwell) n’est pas sur la ligne du Parti communiste."

Ses livres "La ferme des animaux" et "1984" ont été interprétés comme une violente dénonciation du système totalitaire instauré par Staline. Ce qui ne l’a pas empêché de dénoncer les injustices sociales dans des oeuvres précédentes comme "Dans la dèche à Paris et à Londres" et "Le quai de Wigan".

D’autres documents révèlent que le MI5 ne considérait pas Orwell comme une menace pour la sécurité. En 1943, le service de renseignement, invité à se prononcer sur l’accréditation d’Orwell comme journaliste au siège des forces armées alliées, n’a "soulevé aucune objection".


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