mardi 24 octobre 2017

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L’armée chinoise accusée d’espionnage électronique

Pascale Nivelle, Liberation.fr

jeudi 6 septembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Le Pentagone et le Foreign Office ont été victimes de cyberattaques.

Après l’Allemagne et les Etats-Unis, c’est au tour de la Grande-Bretagne de soupçonner les Chinois d’espionnage et d’attaques électroniques. Mardi, le Pentagone a reconnu être la cible d’ « un certain nombre de pays et de groupes » et a confirmé que la boîte de messagerie du secrétaire à la Défense, Robert Gates, avait dû être mise hors-service après une attaque en juin. Le quotidien économique Financial Times, qui a révélé l’incident et cite plusieurs membres de l’administration américaine sous couvert d’anonymat, affirme que des militaires chinois sont à l’origine de ce hacking sans précédent connu. Le Pentagone n’a désigné aucun responsable. Mais l’affaire est prise au sérieux : George Bush, en route pour le sommet de l’Apec (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique) à Sydney, a confié qu’il évoquerait le problème avec son homologue chinois, Hu Jintao.

« Chevaux de Troie ». Fin août, la chancelière allemande, Angela Merkel, avait soulevé la question à Pékin devant le président chinois. L’hebdomadaire Der Spiegel venait de révéler que la chancellerie et trois ministères allemands avaient été victimes de « chevaux de Troie » électroniques, accusant l’Armée populaire de libération (APL) de se livrer à des cy­berattaques. Le président chinois s’est dit « préoccupé ». Dans les deux cas, Pékin a démenti : « C’est sans fondement, seulement le reflet d’une mentalité de guerre froide », a affirmé le ministère des Affaires étrangères. La Chine ne rate jamais une occasion de dénoncer « la théorie de la menace chinoise » entretenue par l’Occident.

Hier, le quotidien britannique The Guardian a enfoncé un troisième clou, affirmant que « plusieurs départements du gouvernement », dont le Foreign Office, ont été victimes de cyberguerriers, « dont certains de l’armée chinoise ». Cette fois, pas de réaction de Pékin. Ces incidents, relativement fréquents a en croire un porte-parole de la défense américaine qui parle de « plusieurs groupes et pays » mal intentionnés, sont difficiles à vérifier et faciles à exploiter médiatiquement. Ils révèlent l’angoisse à fleur de peau des dirigeants occidentaux face à la montée en puissance de l’armée chinoise. Malgré ses constantes déclarations sur son « pacifisme », l’APL tétanise les Etats-Unis. Fleuron de la propagande nationaliste, elle ne fait pourtant pas mystère de son ambition, indexée sur la croissance phénoménale du pays, même si la « transparence » qu’elle invoque en matière de chiffres et de moyens est mise en doute. Guerre des étoiles. En août, pour le quatre-vingtième anniversaire de sa fondation, médiatisé depuis des semaines et célébré devant les principaux dirigeants, l’armée chinoise a fait l’étalage de sa force : 2,3 millions de membres, un budget officiel de 45 milliards de dollars (33 milliards d’euros) - 125 selon les Etats-Unis - en croissance de 17,5 % cette année. Et le président chinois a planté une flèche dans le talon d’Achille américain, la défense de son cyberespace, plus vulnérable que les autres secteurs militaires : « La Chine privilégiera la qualité et la modernisation technologique, plutôt que la quantité de ses forces qu’elle souhaite minces et fortes », a annoncé Hu Jintao.

Depuis dix ans, cette « domination électronique » est dans tous les discours et a fait ses preuves. En janvier, en détruisant à distance un de ses vieux satellites, la Chine avait franchi un cap technologique et relancé le fantasme d’une guerre des étoiles. La cyberguerre, à laquelle les Etats-Unis ne se privent pas de se préparer, est une nouvelle étape.


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