mercredi 18 octobre 2017

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Attentat déjoué : Berlin s’inquiète des réseaux terroristes sur Internet

Pierre Bocev, le Figaro

vendredi 7 septembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Les conservateurs de la CDU/CSU renforcent la pression sur leurs partenaires SPD pour autoriser l’espionnage « en ligne » des ordinateurs de suspects.

LE DÉBAT politique sur la sécurité a pris le pas sur l’enquête policière au lendemain de l’annonce que les forces de l’ordre allemandes avaient réussi à déjouer les plans d’un groupe d’islamistes en arrêtant trois personnes mardi avant que les terroristes présumés aient pu passer à l’acte.

La police recherchait hier « environ dix personnes » soupçonnées de complicité avec le trio qui a été déféré au parquet. Ces complices sont de nationalité allemande et turque, comme les trois interpellés, mais pas seulement, a indiqué August Hanning, le secrétaire d’État à l’Intérieur. Les trois personnages de premier plan sont Fritz G., 28 ans, et Daniel S., 21 ans, Allemands convertis à l’islam, ainsi qu’Adem Y., 28 ans, un Turc résidant depuis longtemps en Allemagne. L’apparition de Turcs sur la scène terroriste islamiste est un phénomène nouveau pour les experts.

Un bain de sang

Les services allemands continuaient à évaluer hier le produit des saisies qui ont eu lieu mardi en 41 endroits différents, des documents et du matériel informatique pour l’essentiel. Leurs recherches portent également sur l’origine des détonateurs de type militaire que les suspects s’étaient procurés. Les enquêteurs pensent qu’ils voulaient déclencher des attentats simultanés à la voiture piégée contre des installations civiles et militaires américaines. De quoi susciter « un bain de sang ».

L’affaire a relancé le débat sur les possibilités de mieux se prémunir contre le risque, dans un pays qui constate être passé d’une « menace abstraite très élevée » à un danger brutalement concret. Sûr de son fait, Wolfgang Schäuble, le ministre CDU de l’Intérieur, souhaite faire adopter une législation lui permettant d’espionner « en ligne » les ordinateurs de suspects en y plaçant des virus du genre « cheval de Troie ». Ses partenaires du SPD au gouvernement essaient cependant de faire valoir que l’enquête a abouti sans qu’il y ait eu besoin de recourir à de tels procédés. Il semble néanmoins établi que si les services allemands ne l’ont pas fait, certains de leurs « partenaires » étrangers et sans doute américains ne s’en sont pas privés.

Cette pratique avait été lancée par Otto Schily, le ministre de l’Intérieur SPD du gouvernement précédent, mais interdite cette année par la justice avec l’explication qu’elle ne reposait sur aucune base légale. Depuis, M. Schaüble, appuyé par les professionnels de la sécurité, insiste pour que la coalition légifère. Soutenus par la Cnil allemande, les sociaux-démocrates rétorquent qu’il y va des principes fondamentaux de l’État de droit. La liberté informatique est un sujet sensible dans un pays qui a connu les abus de la Gestapo, puis de la Stasi est-allemande.

Le camp conservateur renforce également la pression pour criminaliser les séjours dans les camps d’entraînement, les trois terroristes présumés étant passés en 2006 par de telles « écoles du terrorisme » au Pakistan. Cette piste, pourtant mentionnée dans l’accord de coalition entre la CDU/CSU et le SPD, n’a pas été poursuivie jusqu’alors par Berlin. Le Conseil central des musulmans d’Allemagne, soucieux d’échapper à l’opprobre collectif de ses membres, s’y est déclaré favorable hier.


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