mardi 17 octobre 2017

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Après les attentats déjoués, Berlin veut durcir la lutte anti-terroriste

Audrey Kauffmann, AFP

vendredi 7 septembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Les autorités allemandes ont travaillé vendredi sur un renforcement des mesures anti-terroristes après l’arrestation mardi de trois islamistes qui planifaient des attentats majeurs en Allemagne et dont des complices se trouvent à l’étranger, notamment au Pakistan.

Le ministre de l’Intérieur Wolfgang Schäuble et ses collègues des Länder (Etats régionaux) se sont entendus pour renforcer la surveillance de suspects en Allemagne et pour pénaliser les démonstrations de sympathie envers des associations terroristes islamistes et les séjours dans des camps d’entraînement comme au Pakistan ou en Afghanistan.

Le gouvernement doit préparer un projet de loi englobant ces questions.

Mais le conservateur Wolfgang Schäuble (CDU), qui prône depuis des mois la manière forte, n’a pas réussi à convaincre ses collègues sociaux-démocrates alliés de la CDU d’Angela Merkel d’autoriser les "perquisitions en ligne" d’ordinateurs de suspects dans des affaires de terrorisme.

Le SPD redoute des atteintes à la vie privée et doute de l’utilité de la mesure.

M. Schäuble a martelé que la menace terroriste dont fait l’objet l’Allemagne depuis plusieurs années restait "vraiment sérieuse" et réclamé une "base juridique claire" pour renforcer la lutte.

Il argue du recours croissant des terroristes à l’internet, et notamment des échanges de mails entre l’Allemagne et le Pakistan à l’origine du coup de filet de mardi.

Son ministère souhaite pouvoir introduire à leur insu dans les ordinateurs de suspects des virus d’espionnage informatique dits "chevaux de Troie", pour analyser secrètement à distance les données mémorisées et les sites internet visités.

Selon le responsable chrétien-social (CSU) Hans-Peter Uhl, ce sont de tels programmes qui ont permis aux services secrets américains de mettre leurs collègues allemands sur la piste du Turc et des deux Allemands convertis à l’islam arrêtés mardi.

Seul le Land de Rhénanie-du-Nord/Westphalie (ouest) a pour l’instant autorisé le piratage d’ordinateurs, pour des affaires de terrorisme et uniquement par des agents des services de renseignement intérieur.

Mais la question divise en Allemagne, notamment en raison des souvenirs de l’Etat policier nazi. 50% des Allemands sont pour, 47% contre, selon un sondage.

En ce qui concerne l’enquête sur les attentats déjoués, qui se concentre notamment sur la Sarre (sud-ouest), sept personnes en liberté sont visées, dont cinq se trouveraient à l’étranger.

Le parquet général fédéral a confirmé qu’un jeune Allemand converti à l’islam, qui partageait l’appartement d’un des trois hommes arrêtés, avait fui deux jours avant le coup de filet. N’étant pas inculpé, il peut aller où bon lui semble, a souligné le parquet. Il serait au Pakistan, selon la presse.

Les journaux allemands y allaient chacun vendredi de leurs "révélations".

Deux complices des hommes arrêtés seraient des Turcs du Bade-Wurtemberg (sud-ouest), Dana B. et Omer O., et un troisième, Attila S. de Francfort (centre-ouest), écrit le Süddeutsche Zeitung.

Un autre, Hussein al-M., 23 ans, arrêté en juin au Pakistan pour avoir tenter de franchir illégalement la frontière avec l’Afghanistan, serait rentré en Allemagne le jour même du coup du filet, selon plusieurs journaux. Les enquêteurs l’auraient interrogé mais manqueraient de preuves pour l’inculper. Kurde apatride d’origine libanaise, il serait sous surveillance en Sarre.

Un autre membre de la cellule, le Germano-Turc Zafer S., aurait séjourné longuement en Syrie en 2005-2006, et dans l’entourage d’Al-Qaïda en Irak, où il serait toujours, selon le Süddeutsche Zeitung.


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