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Otan : Morin esquisse une nouvelle politique de la France sans "chipotage"

AFP

mercredi 12 septembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Le ministre de la Défense Hervé Morin a esquissé mardi ce que pourrait être le "changement politique" de la France à l’égard de l’Otan, voulu par le président Sarkozy, appelant à cesser de "chipoter et barguigner" avec l’Alliance atlantique.

"Ma conviction est que l’Europe de la défense ne progressera pas si nous ne changeons pas de comportement politique au sein de l’Otan", a-t-il lancé devant les quelque 300 participants à la 5ème Université d’été de la défense, réunie lundi et mardi à Toulouse.

"Nous sommes trop souvent ceux qui chipotent et qui barguignent, comme si nous voulions donner le sentiment de vouloir empêcher l’Otan de se transformer", a-t-il affirmé.

La France, membre fondateur de l’Otan, cultive au sein de l’Alliance sa position singulière, héritage gaulliste.

Partisane d’une Otan centrée sur ses missions militaires et sa sphère euro-atlantique, elle s’est retrouvée à plusieurs reprises isolée ces dernières années sur des dossiers comme l’acquisition d’avions de transport C-17 américains, la vocation globale de l’Alliance ou son engagement dans des actions "civilo-militaires".

Dans le cadre solennel de la Conférence des ambassadeurs, le 27 août, le président Sarkozy avait appelé à des "initiatives très fortes" de la France pour donner une nouvelle impulsion à l’Europe de la défense, tout en souhaitant qu’elle prenne "toute sa place" au sein de l’Otan. "Les deux (vont) ensemble", avait-il insisté.

M. Morin a parlé d’une "compétition complètement dépassée" entre l’Union européenne et l’Alliance, soulignant qu’une réflexion était en cours sur "les moyens de mieux articuler la politique européenne de défense" avec celle de l’Alliance. Il faisait allusion à la préparation du prochain Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale.

Pesant "le pour et le contre", le ministre de la Défense a placé à l’actif la possibilité pour la France d’accroître son "influence" sur les opérations militaires de l’Alliance auxquelles elle participe et "d’orienter utilement" sa transformation.

"Bon élève" de l’Otan, elle pourrait aussi en tirer "les bénéfices" en termes de postes de commandement.

Le ministre a relevé que la France avancerait ainsi sur le "chemin commencé en 1996" lorsque la France avait rejoint le comité militaire de l’Otan.

Dans la colonne du contre, "qui ne doit pas être balayé d’un revers de main", le ministre a rangé un possible "affaiblissement de notre position internationale qui pourrait apparaître comme plus alignée".

"Pourquoi voudriez-vous que nos partenaires perdent confiance dans un système qui a assuré la paix depuis 50 ans (l’Otan), pour un système qui n’existe pas encore (la défense européenne)", s’est-il encore interrogé.

"Notre priorité est de soutenir et de relancer la politique européenne de sécurité et de défense", a-t-il aussi souligné, souhaitant un centre d’opérations militaires de l’Union européenne "permanent" ou le développement d’un "financement européen de la défense".

En pratique, La France ne siège pour l’heure ni au sein du "groupe des plans nucléaires" ni au sein du "comité des plans de défense" de l’Alliance, deux structures réputées peu actives.

Elle se distingue aussi en ayant peu d’officiers affectés à la structure militaire intégrée de l’Alliance.

Le ministre de la Défense, Hervé Morin prononce un discours lors de la 5ème Université de la Défense, le 11 septembre 2007 à Toulouse. - AFP


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