dimanche 22 octobre 2017

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Six ans après le 11-Septembre, la surveillance des terroristes potentiels aux Etats-Unis demeure lacunaire

Laurent Checola, le Monde

mercredi 12 septembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Alors que les Etats-Unis commémorent les attentats du 11 septembre 2001, un rapport de l’inspecteur général du département de la justice américain a alimenté les craintes des services de renseignement, qui estiment qu’il faudra "vraisemblablement attendre encore une génération" avant que les Etats-Unis soient définitivement en sécurité. Le rapport collégial, dirigé par Glenn Fine, estime en effet que la principale base de données sur les terroristes présumés, gérée par le Centre de contrôle du Terrorisme (Terrorist Screening Center), contient de nombreuses failles.

DONNÉES CENTRALISÉES PAS TOUJOURS ACCESSIBLES

Ce puissant outil, créé par le gouvernement en novembre 2003 pour éviter la concurrence entre services de renseignement, a pour mission de centraliser les données d’une douzaine d’agences fédérales, sous l’égide du FBI. Les officiers de police peuvent avoir accès à cette base par un simple appel téléphonique, 24 heures sur 24, et les fédéraux peuvent s’y connecter directement. Elle est cruciale, puisqu’elle sert aux services d’immigration et aux ambassades qui délivrent des visas."La moindre omission d’un terroriste présumé ou connu constitue un sérieux problème", soulignent les auteurs du rapport, qui jugent plausible qu’un terroriste puisse acquérir un visa à cause d’une erreur. Ils ont constaté que les profils d’une vingtaine de terroristes connus ou présumés n’était de fait pas accessibles aux officiers de terrain.

La conception même du système de données est jugée lacunaire. Pour faciliter les transferts de fichiers, le Centre de contrôle dispose de deux bases. Chacune d’elles devrait donc contenir le même nombre d’informations. Or, ce n’est pas le cas.

80 JOURS POUR CHANGER UNE INFORMATION ERRONNÉE

Les rapporteurs ont par ailleurs déterminé que durant le mois de février, près de 3 000 dossiers contenaient des informations discutables et imprécises et des doublons, nécessitant une correction. Or le processus de modification est très long, notent les enquêteurs : les agences mettent en moyenne 80 jours pour changer une information erronnée. Les délais d’attente s’allongent, puisque le Centre identifie plus rapidement les erreurs que les agences ne les corrigent...

Le Centre de contrôle, situé en Virginie du Nord, doit aussi faire face à l’augmentation exponentielle du nombre de personnes observées. Cette infrastructure ultra moderne, où s’affairent régulièrement une cinquantaine de fonctionnaires, contiendrait une immense carte des Etats-Unis, parsemée de points clignotants, représentant autant de personnes surveillées, selon la seule journaliste autorisée à visiter les lieux. Si l’inspection générale ne donne pas le nombre exact de noms sur la liste, il relève, qu’en avril 2007, la base entretenait 700 000 enregistrements relatifs aux suspects, soit quatre fois plus qu’il y a trois ans. "Avec une croissance de 20 000 nouvelles données en moyenne chaque mois, nous estimons que le Centre de contrôle des terroristes sous-estime le temps requis pour vérifier la pertinence des informations", précise l’Inspection générale.

Très critiqué, le rapport l’est toutefois moins que sa première version, qui date de 2005. Dans une réponse écrite, le FBI s’est rangé à l’avis des rapporteurs, et a exposé ses plans pour améliorer les opérations du Centre de contrôle.


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