mardi 12 décembre 2017

Accueil du site > Défense > France > Les pistes du ministre de la Défense pour réorganiser la défense

Les pistes du ministre de la Défense pour réorganiser la défense

A. L. G., le Figaro

mercredi 12 septembre 2007, sélectionné par Spyworld

logo

Hervé Morin n’a pas l’intention de mettre les militaires "au pain sec". Mais il estime qu’ils ne doivent pas "s’exonérer de tout effort".

SANS PRÉJUGER des conclusions du livre blanc sur la défense, Hervé Morin a livré hier les « pistes qu’il faut explorer » pour restructurer l’outil de défense français. Devant toute la communauté de la défense, le ministre a d’abord tenu à rassurer les armées, qui ne vont pas être « mises au pain sec », à qui l’on ne « demande pas de se serrer la ceinture » plus que d’autres institutions. « Nous continuerons l’an prochain à dépenser 16 milliards d’euros pour nos équipements » a-t-il ainsi promis.

Cela dit, la défense « ne peut s’exonérer de tout effort » et, à l’intérieur d’un travail maintenu, il va falloir se montrer plus « performant ». Suivent donc les « pistes » d’économies et de rationalisation. Et le ministre de se demander « quelle est la justification d’avoir sept directions des ressources humaines, 48 applications informatiques différentes pour 52 services gestionnaires de crédits ? »... Il faudra aussi certainement repenser l’organisation des régions militaires, de l’armée de terre notamment. Et réduire le nombre de bases aériennes, encore au nombre de 52, alors que l’arrivée du Rafale - avion multirôle - doit permettre de réduire le nombre d’implantations. Le ratio entre forces opérationnelles et éléments de soutien apparaît aussi insatisfaisant. Selon le ministre, il est en France de 60/40 contre 65/35 en Grande-Bretagne. « L’objectif doit être d’avoir un ratio au moins équivalent », a affirmé Hervé Morin. Il faudra sans doute aussi aller plus loin sur la voie de « l’externalisation ». Le ministre a rappelé que le soutien de certaines flottes d’avions et d’hélicoptères ou la formation initiale des pilotes à Cognac étaient déjà externalisé.

Mutualisation européenne

Il faut aussi s’interroger sur le rôle et la place de la DGA (Délégation générale pour l’armement), ainsi que sur le devenir de ses compétences « si on la transforme en agence ». Les économies pourront aussi passer par la mutualisation européenne. Hervé Morin veut réfléchir à la création « d’une flotte de transport au niveau européen, qui accompagnerait l’arrivée de l’A 400M ». Cet Airbus militaire, futur avion de transport tactique de l’armée française, doit équiper plusieurs forces européennes.

Le ministre a un peu surpris les nombreux industriels présents à Toulouse en se demandant quelle était « la justification de la course perpétuelle à la technologie maximum ». Hervé Morin souhaite que l’on « propose aux politiques la possibilité de choisir un équipement un peu moins sophistiqué », suffisant pour l’intensité des crises actuelles. « On me dit que le saut de l’hypertechnologie - les 5 ou 10 % que représente l’ultime effort technologique dans chaque programme - peut augmenter de 20 à 30 % le coût d’un programme », a-t-il confié.

Mais, dans le même temps, il a reconnu que l’on ne pouvait écarter le risque de « résurgence d’une menace militaire majeure ». Des conflits où la technologie militaire pourrait faire la différence.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :