mardi 17 octobre 2017

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Blocage sur le bouclier antimissile américain

Alain Barluet, le Figaro

mercredi 12 septembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Les Américains peinent à désamorcer l’opposition russe au cours de négociations à Paris.

ABCÈS DE FIXATION du regain de tensions russo-américaines, le bouclier antimissile que Washington envisage d’installer en Europe de l’Est suscite toujours une ferme opposition de Moscou. Une rencontre entre négociateurs russes et américains, lundi à Paris, n’a pas permis de dégager un compromis sur ce projet que les États-Unis jugent indispensable à leur défense et à celle du Vieux Continent, contre les attaques d’« États voyous », au premier rang desquels l’Iran.

« Nous avons fait de nouvelles propositions en matière de coopération sur la défense antimissile, et nos collègues russes ont accepté de les étudier », s’est borné à déclarer John Rood, le secrétaire d’État adjoint chargé de la sécurité internationale et de la non-prolifération, après s’être entretenu avec le ministre adjoint russe aux Affaires étrangères, Sergueï Kisliak. L’affaire a été évoquée à deux reprises par George W. Bush et Vladimir Poutine, cet été.

Côté français, on indique ne pas avoir été partie prenante dans ces discussions bilatérales qui ont eu lieu lundi, à Paris par commodité, John Rood ainsi que le secrétaire d’État adjoint Dan Fried arrivant de Pologne et de République tchèque, là même où doivent être déployés à l’horizon 2013 dix intercepteurs de missiles et une station radar. Ces perspectives ont irrité la Russie, qui a répliqué en menaçant, début juillet, d’installer des missiles de croisière à Kaliningrad, sur les bords de la Baltique.

Washington s’évertue à déclarer que son système de défense n’est pas tourné contre la Russie. « Pour nous, elle ne fait pas partie du problème, elle doit faire partie de la solution », indique un diplomate américain. Il souligne que le système de défense ne saurait contrer les centaines de missiles intercontinentaux déployés sur le territoire russe. Plaidant pour une démarche « la plus multilatérale possible », les Américains veulent renforcer le « couplage » avec leurs alliés européens de l’Otan, « pour leur défense et pour notre sécurité à tous », ajoute-t-on. « On ne peut pas attendre que l’Iran mette la dernière main à son programme nucléaire, poursuit une source diplomatique. Si la diplomatie ne marche pas, nous serons bien contents d’avoir notre bouclier antimissile... »

« Un plein partenariat »

Les Américains ne doutent pas de la vraie raison des réticences de Moscou : la crainte que l’on n’empiète sur sa zone d’influence. Pour tenter de désamorcer cette opposition, Washington propose aux Russes un « plein partenariat », notamment en matière de recherche et de développement technologiques. Une autre piste est sur la table, l’offre faite aux Américains par Vladimir Poutine d’utiliser conjointement deux sites en Azerbaïdjan et dans le sud de la Russie, plutôt que ceux prévus en Pologne et en République tchèque. La proposition russe reste à l’étude. Mais elle ne peut constituer une alternative à un déploiement en Europe de l’Est, insiste-t-on côté américain. Les discussions doivent se poursuivre le 3 octobre à Moscou.


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