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A Londres, un ex-détenu de Guantanamo dépose une plainte contre le MI5 et le MI6

Jean-Pierre Langellier, le Monde

jeudi 13 septembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Un ancien détenu britannique du camp de Guantanamo Bay a déclenché une action judiciaire civile contre le MI5 et le MI6, les deux services de sécurité, intérieurs et extérieurs, du Royaume-Uni. Cette procédure sans précédent a été révélée, mercredi 12 septembre, par le quotidien The Guardian qui a eu connaissance de la plainte déposée le même jour devant la Haute Cour de Londres.

Tarek Dergoul, 29 ans, affirme avoir été maltraité et torturé par des interrogateurs américains lors de ses détentions en Afghanistan puis sur la base américaine de Guantanamo. Il dit avoir informé des agents britanniques, venus eux aussi l’interroger, de ces mauvais traitements. Ceux-ci, ajoute-il, n’ont pourtant pas réagi et ont continué de le questionner.

L’ex-prisonnier demande au tribunal d’interdire aux services de sécurité britanniques de "bénéficier" des violences commises sur des détenus en dehors du Royaume-Uni. S’il obtenait gain de cause, le MI5 et le MI6 ne pourraient plus interroger de prisonniers maltraités à l’étranger.

"PROFESSIONNALISME"

Tarek Dergoul assure avoir été capturé en 2001 en Afghanistan par des chefs de guerre locaux qui l’ont "vendu" à l’armée américaine.

Il a passé un mois au camp de Bagram et trois mois à Kandahar avant d’être envoyé à Guantanamo. A Bagram, deux agents britanniques, qui se sont identifiés comme "Andrew" et "Matt", l’ont interrogé en présence d’un soldat américain. D’autres agents l’ont questionné à Kandahar, et, à cinq reprises, à Guantanamo, après qu’il eut été torturé.

Tarek Dergoul faisait partie d’un groupe de neuf ressortissants britanniques détenus sans jugement sur la base américaine. Ils ont été rapatriés en deux étapes en 2004 puis remis en liberté à Londres faute de preuves recevables devant les tribunaux britanniques. Le gouvernement a confirmé, mercredi, que l’ex-détenu avait été interrogé par des Britanniques qui ont "fait preuve du plus haut degré de professionnalisme" et que le Royaume-Uni condamnait "sans réserve" la torture.


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