mercredi 18 octobre 2017

La fin des RG

Jean-Marc Leclerc, le Figaro

jeudi 13 septembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Michèle Alliot-Marie a dévoilé ce matin le plan de fusion des renseignements généraux et de la DST. Des centaines d’agents des RG rejoindront la police en tenue. Les autres intégreront la nouvelle Direction centrale du renseignement intérieur.

LES RG sont morts. Vive la DCRI ! Le Figaro a eu accès aux travaux du groupe d’experts chargé de bâtir la nouvelle Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Et la réforme est de taille : les RG n’existent plus, en tout cas plus sous leur forme initiale.

Ce sigle qui a tant fait fantasmer depuis son apparition, en 1911, disparaît à jamais, comme bientôt le mythique Quai des orfèvres de la PJ. Le sigle DST ne résistera pas non plus à la réforme. Nicolas Sarkozy et son bras droit, Claude Guéant, ont choisi de tourner définitivement la page de la « police à papa » pour construire un autre modèle, plus adapté aux « nouvelles menaces ».

Le ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, doit présenter aujourd’hui les grandes lignes de ce projet de fusion des RG et de la DST à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), là où ces deux directions avaient déménagé, en juin dernier.

Certains parlent déjà d’un « FBI à la française ». Mais il ne faut pas se payer de mots. Derrière ces innovations, parallèlement à la logique de modernisation, il y a un besoin économique : éviter les doublons et les gaspillages d’effectifs. « Faire rentrer dans le rang également certains adeptes des coups tordus », dit un homme du sérail.

Concrètement, un nouveau directeur central va être nommé par le président de la République. Bernard Squarcini, actuel patron de la DST, proche du chef de l’État, fait figure de favori.

Mise en oeuvre par étapes

Les missions anciennement dévolues aux RG et à la DST vont être scindées en deux au sein de la DCRI. D’un côté, le « renseignement » pur, c’est-à-dire tout ce qui touche aux « intérêts fondamentaux de l’État ». On y retrouve le contre-espionnage, le contre-terrorisme et l’intelligence économique. Ce pôle accueillera l’essentiel des effectifs des deux anciennes directions, soit plus de 3 000 hommes sur 4 500.

L’autre pôle qui se dessine concerne les « informations générales ». En clair : la « contestation » et les « faits de société ». Faucheurs d’OGM, anti-CPE, dockers en grève, pêcheurs de thon en colère : tout ce qui relève de la « cohésion nationale » et de « l’ordre public » intéressera les policiers qui y seront affectés. Mais, à la différence de leurs collègues du pôle « renseignement intérieur », ces agents-là ne seront pas habilités secret défense. Ils seront progressivement intégrés à la sécurité publique, c’est-à-dire à la police en tenue, et resteront les « grandes oreilles » des préfets dans les départements.

Pour ne pas leur donner le sentiment d’être écartés de la « matière noble », l’Intérieur procédera par étapes. Et l’on verra ainsi des départements ruraux appliquer les premiers transferts : Gers, Indre-et-Loire, Isère, Meuse, Jura, Ardennes, par exemple. Au départ, 300 à 500 fonctionnaires seront concernés. « D’autres le seront demain », assure un syndicaliste. À Paris, les RG demeurent, mais changeront de nom. Les courses et les jeux iront à la PJ. Une réforme sur le fil du rasoir.

Prélude à la fusion, les directions des RG et de la DST ont emménagé dans de nouveaux locaux à Levallois-Perret. - J.-C. Marmara/Le Figaro


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