vendredi 20 octobre 2017

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Terrorisme : critiques au Danemark sur un projet du renseignement

AFP

vendredi 14 septembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Un projet du service de renseignement de la police danoise (PET) de coopérer avec des Etats d’Afrique du Nord et du Proche-Orient, accusés souvent par les organisations des droits de l’homme de pratiquer la torture, a soulevé des remous vendredi au Danemark.

Le chef de PET, Jakob Scharf, s’était déclaré, dans un discours à l’université de Copenhague, en début de semaine, en faveur de cette coopération dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

"Il est décisif que nous étendions notre coopération avec des pays en Afrique du Nord et au Proche-Orient", avait affirmé M. Scharf. "Nous ne pouvons pas simplement dire qu’il y a des une série de problèmes pratiques et juridiques qui nous empêchent de coopérer avec ces Etats" sans les citer nommément, avait-il ajouté.

Plusieurs partis de gauche (sociaux-démocrates, socialistes du peuple, Liste de l’Unité) et des ONG comme Amnesty International et le Centre danois de réhabilitation des victimes de la torture, ont vivement critiqué ce projet.

"On ne peut pas lutter contre le terrorisme pour défendre soi-disant la démocratie et coopérer en même temps avec les services secrets de régimes qui foulent au pied les droits de l’homme et ont recours à la torture", a indiqué à l’AFP Holger K. Nielsen, porte-parole du parti socialiste du Peuple.

Le Centre danois de réhabilitation des victimes de la torture, RCT, est, quant à lui, "très préoccupé par une telle coopération avec des services de renseignement de ces pays qui utilisent des méthodes de torture", a déclaré à l’AFP son porte-parole Tue Magnussen.

Le Danemark a renforcé considérablement sa législation antiterroriste depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Depuis 2005, la police a affirmé avoir démantelé trois groupes qui projetaient des actes terroristes dans le pays ou en Europe.

Le patron du PET a reconnu, dans son discours, le caractère controversé de son projet. "Cette coopération étendue renferme naturellement des problèmes pratiques et juridiques auquels nous devons trouver des solutions responsables".

La section danoise d’Amnesty International est tout aussi critique. "Le combat contre le terrorisme ne doit pas se faire aux dépens des droits de l’homme. Nous ne pouvons accepter que l’on coopère avec des pays connus pour leurs méthodes tortionnaires comme la Syrie, l’Egypte ou l’Algérie par exemple", a estimé son secrétaire général Lars Norman Joergensen.

"En outre les informations que recueillerait PET de ces pays ne serviraient à rien en cas de procès des contre des terroristes au Danemark, car elles pourraient être extorquées sous la torture et donc juridiquement sans valeur selon la Convention de l’ONU sur la torture", a-t-il ajouté.


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