lundi 16 octobre 2017

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Quand les militaires ont la cote dans les entreprises

Jean-Bernard Litzler, le Figaro

lundi 17 septembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Soumise à des critères de productivité, l’armée, qui recrutera 20 000 personnes l’an prochain, cible les meilleurs candidats. Quant au civil, il apprécie ces reconvertis.

MALGRÉ l’annonce, cet été, de la suppression programmée en 2008 de 6 000 emplois au ministère de la Défense, l’armée reste le plus gros recruteur de France. Pour 2007, l’armée de terre prévoit ainsi 13 000 recrutements, tout comme la gendarmerie nationale, tandis que l’armée de l’air envisage 4 700 créations d’emploi et la Marine, 3 700. Si le coeur de cible concerne les CAP à bac + 2, des centaines de postes d’officiers (bac + 3 à 5) sont à pourvoir chaque année.

Décidée voilà dix ans, la professionnalisation de l’armée française est totalement achevée et rentrée dans les moeurs. Résultat : une proximité sans cesse grandissante entre les militaires et le monde de l’entreprise.

Du côté des méthodes de management, les stratèges de l’entreprise s’intéressent de longue date aux écrits du général chinois Sun Tzu ou de l’officier prussien Clausewitz. Les parallèles entre la lutte économique et la guerre sont faciles à établir. Si les stages commandos n’ont plus vraiment la cote auprès des entreprises, elles apprécient d’inviter des officiers pour évoquer les questions de cohésion d’équipes et de leadership.

Les militaires, de leur côté, ont beaucoup appris des méthodes de gestion des entreprises. Le commandement est désormais un très proche cousin du management. Surtout, l’armée est soumise à des critères de productivité, de performance économique et de qualité toujours plus stricts.

Dynamique sur Internet

D’ailleurs, tous les grands projets de construction de matériel (sous-marins, porte-avions...) prévoient des équipements plus automatisés, moins gourmands en personnel et plus disponibles.

En ce qui concerne les ressources humaines, l’armée de terre disposera par exemple d’un outil informatique unique d’ici à la fin de l’année. Baptisé Concerto, ce système permettra le suivi du personnel d’active comme des réservistes. Il devrait traiter pas moins de 240 000 dossiers individuels et faciliter la formation, le recrutement et la reconversion. Quant à l’armée de l’air, elle s’est dotée à Salon-de-Provence d’un laboratoire défense et management de la connaissance.

Sur le front du recrutement, l’armée a dû apprendre à se faire séduisante pour attirer les meilleurs. Multipliant tous azimuts les moyens de communication, les militaires sont loin d’être de grands muets ! Aux traditionnels salons et forums de recrutement, ils ont ajouté une politique dynamique sur Internet. Désormais, chaque arme dispose de son site de recrutement spécifique et les opérations de « chat » en direct de régiments ou écoles se multiplient. Parfois l’armée s’invite au cinéma pour une campagne publicitaire ou organise, comme en mars, des rencontres avec des chefs d’entreprise pour échanger sur des problématiques communes.

Legio Patria Nostra

Finalement, les deux mondes sont devenus complémentaires. Si entreprises et armée se disputent parfois les mêmes jeunes candidats, les choses deviennent plus harmonieuses par la suite. Au sein de l’armée, les procédures de reconversion et d’aide au retour à la vie civile n’ont jamais été aussi nombreuses.

Entre offres de formation, accompagnement individualisé ou la nouvelle possibilité d’accéder à la fonction publique, les pistes ne manquent pas. Quant aux entreprises, même purement civiles, elles sont nombreuses à apprécier cette main-d’oeuvre formée, disciplinée et rigoureuse.

Une fois en poste dans l’entreprise, les militaires n’oublient pas leur parcours et entretiennent de dynamiques réseaux d’anciens. Du côté de la Marine, l’AOVC (Association des anciens officiers de vaisseau dans les carrières civiles) multiplie les activités entre ses cycles de conférences « Marine et entreprises », son business club et son réseau d’aide à la recherche d’emploi.

Quant aux réseaux sociaux du type Viadeo, LinkedIn, ils regorgent de groupes : anciens militaires reconvertis, anciens de la Legio Patria Nostra (légionnaires), réservistes... Il est bien loin le temps où les perspectives de recrutement des militaires se résumaient aux carrières de la sécurité ou à la gestion des ressources humaines.


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