mercredi 18 octobre 2017

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L’Irak veut mettre au pas les sociétés de sécurité, vise Blackwater

Jay Deshmukh, AFP

mardi 18 septembre 2007, sélectionné par Spyworld

Bagdad a annoncé mardi qu’il voulait mettre au pas les compagnies privées de sécurité en Irak après un incident impliquant la plus connue, Blackwater , qui a coûté la vie à 10 Irakiens et conduit Washington à exprimer ses regrets.

Le cabinet du Premier ministre Nouri al-Maliki s’est réuni mardi et a décidé que l’activité de ces entreprises qui emploient jusqu’à 50.000 gardes armés en Irak devait être "reconsidérée" et placée en "conformité avec la loi".

Cette décision intervient après une fusillade dimanche sur le passage d’un convoi diplomatique escorté par l’entreprise américaine Blackwater, chargée de la protection de l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad. Dix Irakiens ont péri, dont neuf civils.

Les autorités irakiennes ont annoncé que Blackwater, une référence dans le monde en pleine expansion des "compagnies privées de sécurité", n’avait plus le droit d’opérer en Irak et que les responsables de ce qu’elles considèrent comme "un crime" devaient être déférés devant la justice irakienne.

"Le crime a été commis par des employés de Blackwater sur le territoire irakien, la justice irakienne peut lancer des poursuites contre Blackwater", a estimé le juge Abdel Sattar Ghafour Bairakdar, de la Cour suprême de justice.

Mardi soir, aucun personnel de Blackwater n’avait été appréhendé ou expulsé.

Le statut légal de cette entreprise qui emploie 1.000 gardes étrangers en Irak et a bénéficié de 500 millions de dollars de contrat du Pentagone dans ce pays, est incertain.

Comme les autres entreprises de sécurité, elle se considère protégée des poursuites légales par un statut d’immunité décidé en 2004 par l’administrateur américain Paul Bremer. La validité de ce statut est contestée depuis la formation d’un gouvernement irakien et le vote d’une constitution en 2005.

Dans un communiqué cité par la chaîne CNN, la direction de Blackwater, par ailleurs injoignable, a estimé que ses agents avaient agi en légitime défense, tout en regrettant "les pertes humaines".

Selon la version officielle américaine, le convoi a été attaqué par des insurgés et des échanges de tirs ont suivi. Selon des témoins, les hommes de Blackwater ont tiré au hasard sur les civils, dans le quartier de Mansour.

Le porte-parole de M. Maliki, Ali al-Dabbagh, a dénoncé une "agression haineuse (...) contre des citoyens irakiens".

Le puissant mouvement du leader radical chiite Moqtada Sadr a exigé l’interdiction de l’ensemble des sociétés étrangères de sécurité.

Les Etats-Unis ont exprimé leurs "regrets" pour cette fusillade, et, selon Bagdad, la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice s’est "excusée personnellement" par téléphone auprès de M. Maliki.

Le département d’Etat américain s’est montré prudent, affirmant que seule l’enquête en cours pourrait déterminer les circonstances de la fusillade.

Les Bagdadis redoutent le passage dans leurs rues des convois de 4X4 blindés aux vitres fumées des compagnies comme Blackwater, avec leurs tireurs, postés sur des tourelles, qui pointent leurs mitrailleuses sur tout ce qui bouge.

Un chargé de presse du Pentagone a précisé que le secrétaire à la Défense Robert Gates se penchait sur le recours par l’armée américaine à ces entreprises privées de sécurité.

L’incident crée une situation difficile pour les Etats-Unis dont la présence militaire en Irak est dépendante de plus de 100.000 sous-traitants civils qui s’occupent de la logistique des troupes, mais remplissent également des missions de protection, de renseignement et de combat.

Mardi, trois soldats américains supplémentaires sont morts, dans une explosion survenue dans la province irakienne de Diyala, au nord-est de Bagdad, a annoncé l’armée américaine.

Ces portent à 3.786 le nombre de militaires américains tués en Irak depuis le début de l’intervention des Etats-Unis dans ce pays en mars 2003, selon un décompte de l’AFP à partir des chiffres du Pentagone.

Dans le même temps, 13 personnes ont été tuées à Bagdad dans une série d’attentats, dont sept dans l’attaque d’une morgue.


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