mercredi 13 décembre 2017

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La force de réaction de l’OTAN ne réunit plus suffisamment de contributions militaires

Laurent Zecchini, le Monde

samedi 22 septembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Les pays de l’Alliance atlantique ne sont plus en mesure d’apporter des contributions suffisantes à la force de réaction de l’OTAN (NRF) de 25 000 hommes. En soulignant, mercredi 19 septembre, que celle-ci n’est plus opérationnelle "à 100 %", le porte-parole de l’Alliance a dressé un constat qui ne signifie pas que la NRF, déclarée "opérationnelle" lors du sommet de Riga en novembre 2006, soit mort-née, mais que son concept doit évoluer.

Le débat lié à l’effort de défense insuffisant des pays contributeurs ne concerne pas uniquement l’OTAN. Les pays de l’Union européenne peinent également à réunir des troupes lors d’opérations extérieures dans le cadre de la défense européenne, comme celle qui va se mettre en place, en novembre, dans l’est du Tchad, en complément de la force ONU-UA au Darfour.

L’OTAN est aujourd’hui fortement engagée dans deux opérations majeures, en Afghanistan et au Kosovo (respectivement 40 000 et 17 000 hommes), et le commandement de la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) en Afghanistan ne cesse de réclamer davantage d’hommes et d’équipements.

Or la NRF est conçue comme un "réservoir de forces" ayant vocation à remplir des missions de sécurité collective ou de gestion des crises. C’est une force de réaction rapide pour des circonstances exceptionnelles, et son rôle n’est pas de pallier les lacunes capacitaires dans telle ou telle opération. Les unités qui la composent sont de facto "gelées" : elles sont identifiées dans les armées des Etats membres, et changent par rotation tous les six mois. La NRF n’a jusqu’à présent été engagée que dans un cadre humanitaire, en 2005, lors du cyclone Katrina (Louisiane), et du tremblement de terre au Cachemire.

LE MOINDRE COÛT

Les Etats-Unis, soutenus notamment par la Grande-Bretagne, le Canada et les Pays-Bas, qui sont fortement engagés en Afghanistan, demandent une évolution du concept de la NRF, afin de pouvoir disposer des forces qui la composent en Afghanistan.

Ils se heurtent à plusieurs pays, dont la France, l’Allemagne, la Belgique et l’Espagne, qui veulent conserver le concept originel de la NRF. Celle-ci est à la fois une force dite d’"entrée en premier" (de manière robuste) sur un théâtre d’opération, et l’outil essentiel de la modernisation et de la "transformation" des armées alliées en forces mobiles et interopérables. Une solution de compromis entre les deux thèses pourrait se dessiner lors de la réunion des ministres de la défense de l’OTAN, les 24 et 25 octobre à Noordwijk (Pays-Bas), sous la forme d’un allongement des délais d’alerte de la NRF (actuellement 5 à 30 jours), d’une diminution du format global (25 000 soldats), et d’une plus grande souplesse d’emploi.

Certains éléments de la force pourraient contribuer à la "réserve stratégique" de l’OTAN pour les opérations extérieures. Actuellement, celle-ci est composée du seul bataillon français, alors qu’elle devrait comporter trois bataillons. Les Etats-Unis, qui s’étaient engagés à fournir 30 % des effectifs de la NRF, n’en représentent aujourd’hui que 5 %.

L’autre menace qui pèse sur la NRF est la question de son financement. Certains pays qui sont de gros contributeurs militaires renâclent, puisque, en vertu de la règle otanienne, chacun paie pour ses propres troupes, les coûts n’étant pas répartis entre les 26 Etats membres. Les difficultés rencontrées par la NRF illustrent la question du fonctionnement de l’Alliance : les pays qui la composent veulent profiter au moindre coût - militaire et financier - du parapluie de sécurité collective que celle-ci leur offre.


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