jeudi 14 décembre 2017

Accueil du site > Renseignement > France > La girouette du secret-défense

La girouette du secret-défense

Libération.fr

lundi 24 septembre 2007, sélectionné par Spyworld

logo

Avec Sarkozy, de nouvelles notes de la DST sont déclassifiées.

Le secret-défense est une notion à géométrie étonnement variable. La commission du même nom vient de déclassifier six nouvelles notes de la direction de la surveillance du territoire (DST), auparavant estampillées confidentielles.

Les membres de cette commission n’ont pas changé. Le président de la République, si. Sous Chirac, six notes de la DST sur les douze émises à propos de l’affaire Clearstream avaient été déclassifiées : celles faisant état des interrogations d’un contre-espionnage bien en peine de se faire une religion sur la manip. Sous Sarkozy, c’est soudainement portes ouvertes : les notes déclassifiées, selon le Nouvel Obs qui les a révélées, « montrent que le service suivait l’affaire avant qu’elle n’éclate », et avec bien plus de certitudes. S’agissant de notes DST, c’est le ministre de l’Intérieur en titre qui saisit la commission et se conforme prudemment à ses avis. Sous Chirac, elle était saisie par lettre signée Sarkozy, partie civile ; sous Sarkozy, elle est saisie par MAM, sur un fauteuil éjectable pour son rôle trouble dans l’affaire Clearstream.

Villepin, pour sa part, vient d’émettre le vœu d’une levée du secret-défense dans le dossier des Frégates de Taiwan, à l’origine de l’affaire Clearstream. « On pourrait demain lever le secret défense », a-t-il déclaré sur France 5. Mais il s’est bien gardé d’en faire la demande officielle, car il y a tout de même des limites au double jeu : Premier ministre, il avait couvert le refus opposé à la demande formulée par le juge Renaud Van Ruymbeke. Au fond, ce vœu d’une levée du secret-défense est une façon de verser une nouvelle pelletée de sel sur Sarkozy, comme il le mentionnait dans sa missive de 53 pages : « Certaines rumeurs, sans aucun fondement, l’ont particulièrement visé directement ou indirectement : rétro-commissions dans l’affaire des frégates au bénéfice de l’équipe Balladur ou encore rétro-commissions Airbus au bénéfice de l’équipe de Nicolas Sarkozy. » Tout le fiel est dans le « sans aucun fondement ».


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :