mercredi 18 octobre 2017

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Un civil à la tête du contre-espionnage marocain

Abdelkarim Chankou, Emarrakech.info

lundi 14 février 2005, sélectionné par Spyworld

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S.M. le Roi Mohammed VI a reçu lundi au Palais Royal de Rabat, M. Mohamed Yassine Mansouri qu’il a nommé Directeur Général de la Direction Générale des Etudes et de la Documentation (DGED), le service du contre-espionnage marocain, en remplacement du général de division* Ahmed El Harchi.

Yassine Mansouri a aidé au rapprochement de Rabat et Madrid

Surprise ! Et elle est de taille. C’est un civil qui succède au général de division Ahmed El Harchi (Photo) à la tête de la DGED. Il s’agit du jeune Yassine Mansouri qui exerçait jusqu’à sa nomination ce lundi 14 février les fonctions de Wali, Directeur Général des affaires intérieures au ministère de l’intérieur depuis 2003.

On sentait qu’un mouvement au sommet de la DGED allait se faire après le retour de S.M. le Roi de son voyage officiel en Amérique du Sud. Mouvement qui s’inscrit dans le cadre de la volonté de réorganiser le contre-espionnage marocain après que le général de division Abdelhak El Kadiri eut été appelé en 2001 pour prendre les commandes de l’Inspection générale des Forces Armées Royales (FAR).

En fait, après la restructuration de la DST, services secrets intérieurs, par le général de brigade Hamidou Laanigri qui a fait un bref passage en tant qu’adjoint de El Kadiri à la DGED, il fallait faire le même travail dans ce dernier service afin que la DST et la DGED opèrent en parfaite harmonie, surtout que l’après 11 septembre et l’après 16 mai dictent cette coordination entre deux structures longtemps antagonistes. Sans oublier bien sûr la montée inquiétante de l’immigration clandestine et du trafic de drogue.

C’est désormais chose faite. Et l’ont s’attend à ce que la DGED avec Yassine Mansouri s’ouvre encore plus sur le civil en recrutant des conseillers, des traducteurs, des informaticiens, des informateurs… issus du monde civil, à l’instar de ce qui se fait dans des pays européens voisins comme l’Espagne qui sous Aznar a confié la direction de l’ex-Cesid - et l’actuel CNI- (équivalent de la DGED) à un civil, en l’occurrence Jorge Dezcallar de Mazarredo, ex-ambassadeur de Madrid au Maroc et représentant de son pays auprès du Vatican depuis juin 2004.

D’autre part, cette ouverture du contre-espionnage marocain sur le monde civil paraît être en phase avec la nouvelle mission des FAR qui outre la défense de la souveraineté et des frontières nationales, sont appelés à s’engager davantage dans des opérations humanitaires à l’étranger, essentiellement en Afrique et les Caraïbes.

Le général de division Ahmed El Harchi, un fils de la maison, a été décoré par le Souverain du Grand Cordon du Ouissam Al Arch. Un signe de mise en retraite selon les observateurs. Mais il faut savoir que le poste de l’Inspection générale assuré ad interim par le général de corps d’armée Abdelaaziz Bennani demeure toujours vacant.

(*) : Les grades sont situés dans leurs contextes historiques

M. Mansouri, un bosseur

M. Mohamed Yassine Mansouri, que SM le Roi Mohammed VI a nommé Directeur Général de la Direction Générale des Etudes et de la Documentation (DGED), est né le 2 avril 1962 à Boujaâd.

M. Mansouri a effectué ses études secondaires au collège Royal de Rabat. Détenteur d’une Licence en Droit en 1983 et de deux diplômes d’études supérieures en Droit Public, M. Mansouri a exercé entre 1987 et 1999 au Ministère de l’Information et au Ministère de l’Intérieur.

En novembre 1999, il a été nommé directeur de l’Agence Maghreb Arabe Presse (MAP), fonction qu’il a occupée jusqu’a sa nomination, en 2003, Wali, Directeur général des affaires intérieures au Ministère de l’Intérieur.

Par ses qualités de négociateur, M. Mansouri a contribué efficacement à la remise sur les rails des relations maroco-espagnoles avec notamment l’établissement de mesures conjointes en matière de lutte contre l’émigration illégale et le trafic de drogue.

Au ministère de l’intérieur, M. Mansouri a fait montre de grande compétence dans la gestion de dossiers aussi sensibles que ceux des élections, de l’émigration et de la lutte contre la drogue, des provinces du Sud ou encore celui de la sécurité.

Ses qualités professionnelles et humaines font de lui un interlocuteur crédible auprès de la classe politique avec qui il a eu notamment à organiser les dernières élections communales. M. Yassine Mansouri est marié et père de trois enfants.

Ahmed El Harchi


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