dimanche 17 décembre 2017

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Plus de 1000 espions chinois au Canada

Olivier Chartrand, la Grande Époque

mardi 21 juin 2005, sélectionné par Spyworld

De chauds débats ont eu lieu cette semaine à la Chambre des communes suite aux allégations affirmant qu’un grand réseau d’espionnage chinois opère au Canada. C’est pour exposer cette situation précaire qu’une conférence de presse a été donnée au Parlement vendredi dernier. Principales cibles de ce réseau d’espionnage, les pratiquants de la méditation chinoise persécutée en Chine, le Falun Gong, ont livré des témoignages inquiétants à ce propos.

Ying Zhu, une ancienne étudiante de l’Université de Concordia avait été kidnappée en 2001, lors d’une visite à sa famille en Chine. Les policiers l’ont séquestrée dans une chambre pendant 33 jours. Ils lui avaient révélé connaître ses intentions de visite et être en possession d’informations sur ses amis au Canada. Bill Guan, un comptable de la région de Montréal a raconté : « Un homme m’a appelé, il m’a demandé : “Est-ce que vous pratiquez encore le Falun Gong ?”, j’ai répondu que oui, il a répliqué : “Vous seriez mieux d’arrêter de pratiquer le Falun Gong. Sinon, votre vie sera en danger !” et il a raccroché. »

Xun Li, le président de l’Association du Falun Dafa du Canada a déclaré : « Nous demandons au gouvernement canadien d’enquêter immédiatement sur ce réseau d’espionnage afin de protéger la souveraineté et les intérêts canadiens. En même temps, nous encourageons le gouvernement canadien à condamner la persécution du Falun Gong en Chine. »

En entrevue, Roger Clavet député de Louis-Hébert dans la région de Québec et porte-parole du Bloc Québécois pour les dossiers touchant la région Asie-Pacifique a affirmé : « Ce sont des allégations très sérieuses. On a vu dans les journaux [ The Gazette, Globe and Mail, etc.] ces allégations d’espionnage, c’est très préoccupant. Ça nous préoccupe et on demande au gouvernement Martin d’étudier sérieusement ces allégations. »

Michel Juneau-Katsuya, ancien directeur du Bureau Asie-pacifique du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), a confié à la CBC vendredi dernier : « Je suis d’avis qu’il y a plus d’un millier d’espions ici. Certains sont des informateurs, des sources, des agents d’influence ou des sympathisants qui définitivement aident les services secrets chinois au Canada. »

Il affirme que la Chine n’espionne pas seulement les dissidents, mais les compagnies canadiennes aussi. Cet espionnage économique, selon lui, fait perdre au Canada plus de 12 milliards de dollars par année.

« On nous saigne littéralement, c’est sérieux. Et malheureusement, nous n’avons ni les lois ni les mécanismes pour vraiment punir les gens qui font ce genre de chose. »

Ce n’est pas la première fois que l’on soulève la question d’un réseau d’espions chinois au Canada. Le SCRS à la fin des années 90 avait constitué un rapport intitulé Sidewinder portant sur ce sujet. Toutefois, le document a été mis aux oubliettes. La même problématique se représente à l’heure actuelle. Cette fois-ci des preuves provenant directement des ambassades chinoises à l’étranger sont en cause.


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