lundi 16 octobre 2017

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Berlin et Paris s’affrontent sur le financement de Galileo

Philippe Ricard, le Monde

mercredi 3 octobre 2007, sélectionné par Spyworld

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Jacques Barrot est engagé dans une course contre la montre avec l’Allemagne afin de sortir le projet de radionavigation par satellite Galileo de l’impasse dans laquelle il se trouve. Soutenu par la plupart des Etats membres, dont la France, le commissaire européen aux transports n’a pu que constater, mardi 2 octobre au Luxembourg, l’opposition de Berlin à son idée de financer le rival du GPS américain par des fonds publics communautaires. Une proposition pourtant soutenue par la plupart des vingt-sept Etats membres.

En dépit d’une nouvelle rencontre la veille avec M. Barrot, les Allemands continuent, comme avant l’été, de privilégier un financement d’origine nationale, qui transiterait par l’Agence spatiale européenne, dans l’espoir de bénéficier de retombées industrielles. "Je veux de nouveaux emplois durables dans le secteur aérospatial en Allemagne", martèle Wolfgang Tiefensee, le ministre allemand.

Echaudée par la logique très nationale de la politique industrielle du président Nicolas Sarkozy, la partie allemande soupçonne les Français de vouloir favoriser leurs entreprises, dont Thales et Alcatel, dans la remise à plat de ce projet emblématique des ambitions, et des faiblesses, de l’Europe spatiale. "Les Allemands font un complexe de persécution difficile à comprendre", réplique-t-on de source française.

M. Barrot avait proposé de financer les 2,4 milliards d’euros nécessaires d’ici à 2013 sur les fonds en principe mobilisables pour la politique agricole commune, mais non affectés en 2007 et en 2008.

"PROJET-CLÉ"

Faute d’accord à ce stade sur ce redéploiement par ailleurs contesté par les Britanniques, les Néerlandais ou les Polonais, le conseil a dû se contenter de réaffirmer son soutien à ce "projet-clé", tout en espérant trouver une solution "avant la fin de l’année". Il est fort probable que le dossier s’invite au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement, les 12 et 13 décembre à Bruxelles.

D’ici là, M. Barrot propose, afin de rallier le gouvernement allemand, de définir "un plan d’approvisionnement" susceptible d’encadrer les appels d’offre qui doivent permettre d’attribuer les contrats de construction et de déploiement des satellites.

Mais en cas de blocage persistant, l’entourage du commissaire français menace cependant de procéder à un vote. Ce qui risquerait alors d’isoler Berlin.


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