jeudi 14 décembre 2017

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USA : un document ministériel justifie les interrogatoires violents

AFP

jeudi 4 octobre 2007, sélectionné par Spyworld

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Depuis 2005, un document émanant du ministère américain de la Justice autorise et justifie l’utilisation simultanée de techniques violentes et traumatisantes pour interroger les détenus de la "guerre contre le terrorisme", révèle jeudi le New York Times.

Selon le quotidien, qui cite des responsables passés et présents du ministère s’exprimant pour la plupart sous couvert d’anonymat, le document a été établi en 2005, quand le Congrès a adopté une loi interdisant les traitements "cruels, inhumains ou dégradants".

Elaboré par le service juridique du ministère, le document assure que la loi n’empêche pas de gifler un détenu, de le soumettre à des températures extrêmes ou à un simulacre de noyade, même de manière simultanée.

Les responsables cités par le quotidien précisent aussi que le programme d’interrogatoires dans des prisons secrètes de la CIA est toujours en vigueur et en fonctionnement. Ces derniers mois, le Pentagone avait ainsi annoncé plusieurs transferts de ces prisons vers Guantanamo.

La porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino, n’a pas démenti l’existence du document évoqué par le New York Times, mais elle n’a fait aucun commentaire sur son contenu, tout en répétant que les Etats-Unis ne pratiquaient pas la torture.

"C’est la politique des Etats-Unis de ne pas torturer, et nous ne le faisons pas", a-t-elle précisé.

En 2004, l’administration Bush avait dû abandonner un premier document, élaboré deux ans plus tôt par le même service juridique du ministère de la Justice, qui stipulait qu’aucune technique d’interrogatoire n’était interdite tant qu’elle ne provoquait pas une douleur physique extrême.

Le Centre pour les droits constitutionnels (CCR), qui coordonne la défense de centaines de détenus de Guantanamo, parmi lesquels certains sont passés par les prisons secrètes de la CIA, a exigé jeudi dans un communiqué que le futur ministre de la Justice, Michael Mukasey, s’engage à mettre fin à cette politique et à transmettre au Congrès tous les documents la concernant.

"La torture est illégale, immorale, et elle ne marche pas", a martelé le CCR.

Citant d’anciens responsables des services de renseignement, le New York Times révèle aussi qu’une variété de techniques a été utilisée une centaine de fois en deux semaines contre Khaled Cheik Mohammed, soupçonné d’avoir organisé les attentats du 11-Septembre, lors de son arrestation en mars 2003.

En revanche, il a fallu attendre un mois avant qu’un interrogateur qui connaissait vraiment Al-Qaïda et la personnalité du suspect soit envoyé dans la prison secrète de la CIA où le suspect était interrogé, assure le quotidien.


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