mardi 12 décembre 2017

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La "guerre contre le terrorisme" sape les droits de l’homme, selon des ONG

AFP

vendredi 5 octobre 2007, sélectionné par Spyworld

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La "guerre contre le terrorisme" sape les droits de l’homme, notamment en raison de la multiplication de lois spéciales adoptées par presque tous les pays du monde depuis les attentats du 11 septembre 2001, ont estimé vendredi à Berlin des organisations de défense des droits de l’Homme.

"La réponse au terrorisme, c’est de plus en plus de législation", a affirmé Gerald Staberock de la Commission internationale des juristes, lors d’un colloque consacré aux atteintes aux droits de l’Homme résultant de la lutte antiterroriste.

"En Australie, par exemple, 19 nouvelles lois relevant de la lutte antiterroriste ont été adoptées depuis le 11 septembre", a-t-il souligné.

Et nombre de mesures administratives, telles que celles prises au Royaume-Uni contre des suspects assignés à résidence, ont un impact énorme sur les mesures judiciaires adoptées par d’autres pays anglo-saxons, a-t-il estimé.

Pour Theo van Boven, ancien rapporteur spécial à l’ONU chargé de la lutte contre la torture, l’érosion des droits de l’Homme touche non seulement les pays où la démocratie est précaire, mais aussi des pays occidentaux.

En Europe, par exemple, il y a de plus en plus de pressions politiques pour que les gouvernements acceptent d’extrader des suspects en échange de simples "assurances diplomatiques" qu’ils ne seront pas torturés.

La Suède, par exemple, avait été vivement critiqué en 2001 lorsqu’elle avait expulsé deux Egyptiens, soupçonnés de terrorisme, vers le Caire où ils auraient été torturés.

Aux Etats-Unis, le gouvernement a dilué la définition même de "torture" pour tenter de justifier des techniques d’interrogatoire poussées, tandis que l’Europe, prompte à critiquer les atteintes aux droits de l’Homme à l’étranger, accepte tout aussi promptement des informations obtenues par la torture dans des pays tiers, selon M. van Boven.

Le directeur de la CIA, Michael Hayden, affirmait récemment que les détentions et interrogatoires de terroristes présumés avaient permis de recueillir des informations irremplaçables, ajoutant que moins de 100 personnes avaient été détenues secrètement dans des centres de la CIA depuis 2002.

Pour M. Staberock, la "guerre contre le terrorisme international" sert trop souvent d’excuse à certains Etats, comme par exemple la Colombie, pour durcir la répression contre leurs propres rebellions.

Et en Ouganda, les autorités ont eu recours à de nouvelles législations anti-terroristes pour organiser le procès de dirigeants de l’opposition, dont Kizza Besigye, candidat à la présidence. Ces dirigeants ont été accusés de sédition, le pouvoir arguant de leur appartenance à l’Armée populaire de rédemption, un mouvement rebelle fantôme théoriquement basé au Congo voisin, selon M. Staberock.

D’autres pays, dont le Kenya et la Tanzanie, font face à une pression internationale accrue pour renforcer les mesures antiterroristes depuis une série d’attentats islamistes meurtriers en août 1998 contre les ambassades américaines à Nairobi et Dar-es-Salaam.

"La raison d’Etat a de plus en plus tendance à prendre le dessus sur les droits de l’Homme", selon M. Staberock.


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