dimanche 22 octobre 2017

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Des engins volants bientôt dans les rangs de la police

Christina Lionnet, 20minutes.fr

mardi 9 octobre 2007, sélectionné par Spyworld

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C’est une recrue pas comme les autres. Le drone, engin volant muni de caméras, devrait bientôt faire son entrée dans la police. Présenté mardi à la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie au salon Milipol (Salon Mondial de la sécurité intérieure des états) et testé dès le mois de décembre, il sera bientôt partie intégrante des forces de maintien de l’ordre.

Elsa, l’engin retenu par le ministère de l’Intérieur, sera équipé de caméras à infrarouges. Fabriqué par une start-up française, aérodorones, il permettra de filmer et de retransmettre les informations récoltées au sol en temps réel. « Les drones serviront dans plusieurs types de missions : d’une part, ils pourront nous aider à préparer et sécuriser les interventions, explique Patrick Guyonneau, du service des technologies de sécurité au ministère de l’Intérieur. Par exemple, dans le cas d’une prise d’otages, les drones permettront de savoir où se trouvent les otages ou, si des forcenés sont retranchés, de les localiser. L’autre utilisation consistera, lors d’une manifestation par exemple, à en suivre le déroulement, à localiser des casseurs à garder une trace des délits commis. »

Des actions ponctuelles

Les drones permettront-ils d’identifier les casseurs ? Seulement a posteriori, assure Patrick Guyonneau. « Si un délinquant commet un délit et qu’il est arrêté, les informations fournies permettront de vérifier que la personne arrêtée est bien celle qui a été filmée ». Pas question, ajoute-il, de surveiller en permanence des lieux dits « sensibles ». Les missions effectuées seraient ponctuelles, de 30 minutes environ.

La perspective de l’utilisation des drones provoque cependant de vives réactions. Interviewé sur France Info, Gilbert Roger, le maire (PS) de Bondy (Seine-Saint-Denis), a mis en cause le déploiement « au dessus de nos quartiers populaires » de « moyens militaires que l’on utilise en Afghanistan et en Irak » et qui montre que « le ministère de l’Intérieur ne fait pas confiance aux citoyens qui habitent nos quartiers ».

Combien de « bourdons » ?

« Nous comprenons cette réticence, répond Patrick Guyonneau. C’est pourquoi nous préférons appeler l’appareil de son nom, Elsa (engin léger de surveillance aérienne) que « drone ». Pour nous, il s’agit essentiellement de vérifier des informations. Cela n’a rien à voir avec les drones utilisés dans le domaine militaire, ayant des missions beaucoup plus longues et qui surveillent avec un a priori, pour voir s’il se passe quelque-chose. »

Combien de « bourdons » (la traduction de leur nom anglais) peupleront la France ? Les « effectifs » ne sont pas encore déterminés. Ce pourrait être un drone par GIPN (groupement d’intervention de la police), un par compagnie de CRS ou par département, en fonction des besoins. Y aura-t-il des coins à drones » et des « sans drones » ? Ce n’est pas tranché. Une chose est sûre : c’est une autre version, plus inattendue, de la police de proximité tant réclamée dans certains quartiers.


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