mercredi 13 décembre 2017

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Le Félin sort ses griffes

Alexandra Guillet, TF1.fr

mardi 9 octobre 2007, sélectionné par Spyworld

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- Reportage - Pour l’ouverture du Milipol, l’armée a présenté la tenue qui équipera les fantassins du futur pour le combat en zone urbaine...

- En insistant sur les retombées technologiques pour le civil.

Terrain militaire de Bourges, le 8 octobre 2007. Deux individus armés ont réussi à pénétrer sur un site protégé avec une valise potentiellement pleine d’explosifs.Une caméra de surveillance infrarouge les a détecté. L’alarme retentit. Par-dessus les toits, surgit un drone. Armé d’une caméra, il piste par les airs les deux intrus. A leur arrivée, les fantassins savent immédiatement dans quel bâtiment sont réfugiés les deux hommes. Pour mener à bien leur interception, les militaires sont appuyés de deux mini-robots. Employés comme "œil éclaireur", les engins entrent les premiers.

Regardez des extraits de la démonstration (@DGA)

Grâce à leurs multiples capteurs, ils localisent précisément l’endroit où se trouvent les individus à neutraliser. Les soldats, équipés de leur tenue de combat ultra-moderne FELIN (Fantassin à Equipement et liaisons INtégrées), communiquent facilement entre eux et se localisent grâce au GPS. Sur leur arme, une caméra leur permet de "fixer" les intrus sans être vu. Tirs. Les deux individus sont tués. Aucun militaire n’aura été directement exposé au danger. C’est un autre robot qui, après leur départ, neutralisera la valise suspecte. Cette histoire est fictive, mais les technologies utilisées, elles, sont bien réelles. Ce scénario préfigure, de manière dynamique, ce à quoi pourrait ressembler demain le combat en zone urbaine. Il était organisé pour la première fois par la Délégation générale de l’armement, à la veille de l’ouverture du salon Milipol (lire encadré).

La tenue FELIN, opérationnelle dès 2009

Si le drone et les mini-robots utilisés dans cette démonstration seront opérationnels à l’horizon 2012, la tenue de combat FELIN conçue par Sagem, habillera les militaires de l’armée de terre dès 2009. Ultra moderne, elle est conçue pour résister au feu, aux déchirures et est munie d’une protection balistique souple pour protéger des éclats et des armes de poing comme le couteau. Batterie, eau, alimentation : l’autonomie du fantassin revêtu de cette tenue est de 24 heures, quelque soit la température. Les nouveaux fusils d’assaut sont pourvus de nombreux moyens optroniques pour voir de nuit, filmer à distance et prendre des photos. Sur son gilet, le fantassin a un écran vidéo qui lui sert de GPS et lui permet de visualiser les images que voit le canon de son arme, sans être à découvert.

Autre nouveauté : sous son casque, chaque fantassin est équipé d’un ostéophone. "C’est une sorte de bandeau avec deux capteurs placés sur les tempes qui permet d’entendre et de parler en fonction des vibrations de la boîte crânienne, explique Laurent Catty, directeur du programme Félin à la DGA. Pour la première fois tous les membres d’une unité peuvent communiquer entre eux simplement. Si l’endroit est très bruyant, ils peuvent s’entendre et, au contraire, s’il faut du silence, ils peuvent s’exprimer en chuchotant". L’armée de terre a déjà commandé 31 000 de ces tenues du futur, les premières seront livrées en 2009. Prix unitaire : 25 000 euros.

"La France avait du retard, notamment pour ce qui est du combat urbain sur un territoire extérieur. Avec le programme Félin, c’est fini", a déclaré Hervé Morin, présent lors de cette démonstration. Pour le ministre de la Défense, à travers cette démonstration "on voit bien les synergies entre la défense et la sécurité des personnes".

Retombées civiles

En effet, la technique de l’ostéophone, notamment, pourrait à court terme avoir des retombées dans le domaine de la sécurité civile en servant à tous ceux qui interviennent en premier sur les lieux d’une crise. "Les fréquences de nos radios passent à travers le béton, explique Louis Marchis, directeur de l’unité programme armée terrestre à la DGA. Imaginez un immeuble en feu, plein de fumée. Avec cet ostéophone, malgré le bruit, les pompiers qui sont à l’intérieur pourraient facilement communiquer entre eux et se prévenir les uns les autres des endroits où il ne faut pas passer, des endroits où il y a des victimes à évacuer.... Si les policiers à l’extérieur se branchent sur le même réseau, ils pourront également échanger des informations".

Cet outil aurait peut-être permis de limiter les débordements de novembre 2005 dans les banlieues quand policiers et pompiers se faisaient caillasser. Pour Louis Marchis, "l’ostéophone pourrait par ailleurs intéresser certains corps de métiers, par exemple ceux qui travaillent dans une ambiance ultra bruyante comme dans l’industrie sidérurgique, où pour ceux qui dans les bateaux travaillent près des machines, etc, etc, etc...".

Avec ELSA, la police aussi a son drone

Le Mondial de la sécurité intérieure des Etats (Milipol) ouvre ses portes ce mardi et pour quatre jours porte de Versailles. Lors de l’inauguration de cette sorte de supermarché international pour la police, la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie se verra notamment présenter le drone ELSA, pour "engin léger de surveillance aérienne". Cet avion sans pilote, issu des technologies militaires, a été acqui par la police et sera testé dès décembre prochain. Muni d’une caméra infrarouge, il pourra aider les forces de l’ordre en survolant les toits des immeubles, mais aussi les lieux de rassemblements et de manifestations. En cas de violences urbaines, il pourra aider à identifier les fauteurs de trouble. Il pourrait également aider le GIGN dans le recueil d’information lors d’intervention délicate.

Un militaire en tenue Félin, appuyé par un drone - (Crédit Photo : DGA)


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