samedi 16 décembre 2017

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Une fuite à Washington compromet la surveillance d’al-Qaida

Philippe Gélie, le Figaro

jeudi 11 octobre 2007, sélectionné par Spyworld

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Le groupe terroriste aurait été alerté sur des failles dans son système de communication après une erreur de l’Administration.

ON NE PEUT pas faire confiance au gouvernement américain pour garder un secret. C’est la leçon qu’a apprise à ses dépens Rita Katz le 7 septembre dernier. Ce jour-là, cette Israélienne fondatrice de SITE Intelligence Group, petite entreprise privée spécialisée dans la surveillance des réseaux terroristes, informe deux contacts au sein de l’Administration Bush qu’elle est en possession d’une nouvelle vidéo d’Oussama Ben Laden, la première attribuée au chef d’al-Qaida depuis trois ans. Dans un courriel adressé à 10 heures du matin à Fred Fielding, conseiller à la Maison-Blanche, et à Michael Leiter, numéro deux au Centre national du contre-terrorisme, elle fournit un lien sécurisé au site Internet de SITE assorti de cette requête : « Comprenez s’il vous plaît la nécessité de garder le secret. Nous vous demandons de ne pas diffuser [ce lien], cela pourrait nuire à nos investigations. »

« Des années de travail perdues »

Quelques minutes plus tard, des ordinateurs appartenant au gouvernement fédéral commencent à charger la vidéo où Ben Laden apparaît avec une barbe noire et invite les Américains à se convertir à l’islam. Durant trois heures, des douzaines de téléchargements vont être effectués par différents ministères et agences de renseignement. Vers le milieu de l’après-midi, la vidéo se retrouve sur les antennes de Fox News et d’autres télévisions, dont certaines étaient en négociation avec SITE pour acquérir une copie du document une fois obtenu le feu vert des services secrets.

Selon Rita Katz, l’indiscrétion des Américains a permis à al-Qaida d’identifier - et de corriger - des failles dans son système de communication interne par lesquelles SITE s’était procuré le document, plusieurs jours avant la diffusion prévue. « Des techniques que nous avions mis des années à mettre au point sont devenues inutilisables et sans valeur », a-t-elle déclaré au Washington Post, qui a révélé l’affaire. Une enquête a été ouverte par... les services de renseignement américains.


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