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L’Autriche songe à l’espionnage informatique

AFP

mercredi 17 octobre 2007, sélectionné par Spyworld

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L’Autriche pourrait devenir le premier pays à décider le recours à l’espionnage informatique, le gouvernement ayant donné mercredi son accord de principe pour autoriser la police à espionner les ordinateurs de personnes soupçonnées de terrorisme ou de criminalité.

Pour le ministre de l’Intérieur, Günther Platter (conservateur), questionné à l’issue d’un conseil des ministres à Vienne, « c’est une question sensible pour les autorités ».

Lui-même et la ministre social-démocrate de la Justice, Maria Berger, ont tenu à souligner que cette procédure respecterait « les droits individuels des citoyens » et qu’elle ne s’appliquerait qu’à des personnes soupçonnées de crimes graves ou de terrorisme et justiciables d’une peine de prison de dix ans minimum. De plus, a précisé Maria Berger, la police devra au préalable solliciter l’autorisation d’un juge.

L’expérience a démontré que « les autorités pouvaient avoir recours à de nouvelles méthodes de surveillance avec modération et proportionnellement à la gravité des crimes et délits », a-t-elle ajouté.

Pour le ministre de l’Intérieur, « il faut être au niveau des criminels » et « l’internet est aujourd’hui pour eux un important moyen de communication ».

Les critères de recours à cette procédure seront précisés au sein d’un groupe de travail interministériel jusqu’en février prochain et l’espionnage informatique pourrait entrer en vigueur en Autriche à l’été prochain.

La police pourrait ainsi espionner à distance les disques durs des ordinateurs de particuliers en leur envoyant par courrier électronique des « chevaux de Troie », sortes de virus informatiques, qui, secrètement, analyseraient les logiciels à distance. Soit le virus informatique pourrait être placé dans l’ordinateur visé par des policiers s’introduisant discrètement au domicile du suspect, soit il serait inséré directement dans le système informatique à espionner par le biais d’un courrier électronique, que la police enverrait sous une fausse identité.

En Allemagne, où le ministre de l’Intérieur, le chrétien-démocrate Wolfgang Schäuble, s’est fait le champion du recours à l’espionnage informatique, la question divise les partis, y compris au sein du gouvernement de « grande coalition » de la chancelière chrétienne-démocrate Angela Merkel, notamment en raison des souvenirs de l’Etat policier totalitaire nazi. Ainsi, le Parti social-démocrate (SPD), partenaire des conservateurs au sein du gouvernement, s’est toujours montré très sceptique.


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