lundi 16 octobre 2017

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"Le prochain casse-tête sécuritaire est lié au chiffrage des données sensibles"

Dave deWalt (McAfee), Propos recueillis par Jean-Baptiste Su, L’Expansion.com

samedi 20 octobre 2007, sélectionné par Spyworld

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Après une période difficile, l’éditeur de logiciels de sécurité McAfee reprend confiance. Acquisition du spécialiste de la cryptographie SafeBoot, éveloppement sur les téléphones mobiles, concurrence de Symantec et Microsoft... Dave deWalt, son nouveau PDG, s’explique.

Retour de fortune, façon Silicon Valley. Alors que l’activité sécurité de Symantec s’essouffle, McAfee affiche au contraire une santé étonnante. Une reprise de confiance en partie liée à l’arrivée à sa tête, en mars dernier, de Dave DeWalt. Depuis, l’autre grand éditeur de sécurité de la Silicon Valley voit ses ventes et ses profits trimestriels enregistrer une croissance à deux chiffres par rapport à l’année dernière. Optimiste, le nouveau PDG estime d’ailleurs que cela va continuer. Il anticipe rien moins qu’un quadruplement en 4 ans du marché de la sécurité informatique. Soit des ventes, au niveau mondial, de 31,4 milliards de dollars en 2010, contre seulement 13 milliards en 2006. Le comeback de McAfee est aussi inespéré que l’entreprise paraissait quasi-moribonde il y a un an. Elle était alors affaiblie par un scandale lié aux stock-options antidatées, le renvoi de son Pdg et une stratégie de diversification hasardeuse. Tour d’horizon avec Dave DeWalt, le nouveau Pdg de McAfee.

Où en êtes-vous aujourd’hui avec vos soucis liés aux stock-options ?

C’est presque fini. Nous avons atteint la dernière étape dans le processus de correction de nos résultats financiers, que nous allons faire certifier par la SEC (le gendarme de la Bourse americaine, NDLR). Ce qui explique pourquoi elle nous a permis de faire une aussi grosse acquisition que celle de Safeboot, pour 350 millions de dollars, et d’intégrer ses résultats financiers aux nôtres.

Justement, éclairez-nous sur les raisons du rachat de SafeBoot. Avez-vous été attiré par leur technologie de cryptographie ?

En partie. Mais je suis convaincu que le chiffrage des données est en train de se démocratiser, voire de devenir une option de base, avec son intégration dans Windows Vista, sous la technologie BitLocker, ou directement dans les disques durs (Seagate, Hitachi et Fujitsu). En fait, ce qui m’a vraiment intéressé chez SafeBoot, c’est leur outil de gestion des clés de chiffrement. Car le prochain casse-tête sécuritaire pour les entreprises sera de gérer le processus de création, identification et élimination de toutes ces clés utilisées pour chiffrer les données sensibles. Et cela commence déjà : HP va livrer près de 10 millions de PC dotés de fonctions de cryptage, tandis que Dell commercialisera des PC avec les disques durs chiffrés de Seagate. En outre, la solution de SafeBoot est agnostique des solutions de chiffrage utilisées, que cela soit celle de SafeBoot, de Microsoft ou d’autres. Et la technologie de SafeBoot fonctionne aussi bien pour les PC que pour les mobiles. Donc si je perds mon téléphone portable, je peux appeler mon opérateur pour éliminer la clé qui effacera alors toutes les informations qui s’y trouvent. Cela aurait pu éviter à Demi Moore de voir des photos compromettantes circuler sur Internet après que son mari eut perdu son mobile dans un taxi en Espagne !

Le mobile est-il un marché important pour McAfee ?

J’en suis certain. Alors qu’il a fallu près de 17 ans à McAfee pour être présent sur 100 millions de PC dans le monde, il nous faudra une fraction de ce temps pour atteindre ce niveau de pénétration dans les mobiles. En l’espace de seulement quelques années, notre technologie est déjà sur 50 millions de téléphones portables. Les menaces sur les téléphones sont les mêmes que sur les PC, à mesure que ces appareils deviennent de véritables ordinateurs de poche, comme l’iPhone. Les virus circulent via SMS pour prendre, par exemple, le contrôle des téléphones afin de passer des appels vers des numéros surtaxés ou espionner des communications. C’est d’autant plus grave que le téléphone est de plus en plus utilisé comme moyen de paiement, notamment au Japon. Après le PC et le mobile, l’autre plateforme de croissance pour McAfee est le Web. Notre logiciel gratuit SiteAdvisor, déjà téléchargé 80 millions de fois, averti les internautes de sites douteux ou pirates. Nous avons aussi une version de ce logiciel pour les entreprises, payante cette fois.

Comment voyez-vous la concurrence sur le marche de la sécurité ?

Symantec représente plus de trois la taille de McAfee, tandis que Microsoft pointe le bout de son nez. En fait, si vous ne prenez en compte que l’activité sécurité de Symantec, en laissant de côté le stockage, que je ne considère pas comme faisant partie de la sécurité, McAfee n’est pas si loin que ça. Chez Symantec, la division sécurité représente un peu plus 400 millions de dollars par trimestre, en tenant compte de leur activité d’archivage de messages qui, encore une fois, n’est pas vraiment de la sécurité, tandis que nous faisons 100 millions de dollars de moins. Sur le dernier trimestre, la division sécurité de Symantec a reculé de 15%, alors que nous avons progressé de 15%. Donc l’écart se réduit. Quant à Microsoft, je les vois plus comme partenaires que concurrents. Windows Vista a une très fine couche de sécurité mais Microsoft a toujours besoin de nous pour protéger leurs utilisateurs des attaques "zero-day" qui tirent parti de failles de sécurité avant même qu’un correctif soit déployé, ou même disponible. Par ailleurs, la solution de sécurité Microsoft pour les entreprises, Forefront, est encore très peu déployée. Idem pour leur service antivirus OneCare qui ne fonctionne que pour Windows et Internet Explorer.


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