jeudi 19 octobre 2017

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La Géorgie intensifie ses efforts pour intégrer l’OTAN

Natalie Nougayrède, le Monde

samedi 20 octobre 2007, sélectionné par Spyworld

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La Géorgie veut accélérer son rapprochement avec l’OTAN, en dépit de l’opposition de la Russie. La République caucasienne, déjà engagée dans un "dialogue intensifié" avec l’OTAN, espère franchir la prochaine étape "avant, ou au moment" du sommet de l’Alliance, prévu en 2008 à Bucarest, avec l’adoption d’un "plan d’action pour l’adhésion".

Il en va, explique au Monde, le ministre géorgien des affaires étrangères, Gela Bejouachvili, de passage à Paris vendredi 19 octobre, de la "pérennité" des réformes entreprises depuis la "révolution démocratique" de 2003, ainsi que de la souveraineté du pays face à des "vulnérabilités extérieures", autrement dit, les pressions de Moscou.

L’épisode, le 6 août, d’un tir de missile russe à une soixantaine de kilomètres de la capitale, Tbilissi (l’engin, lâché par un avion, n’explosa pas et ne fit aucune victime), a achevé de convaincre les responsables géorgiens qu’il fallait intensifier les efforts pour convaincre les pays membres de l’Alliance atlantique de donner leur feu vert à ce rapprochement.

Mais l’argument est à double tranchant : les risques d’une extension de la protection de l’OTAN à la Géorgie ont été précisément illustrés par cet incident (pour lequel Moscou a décliné toute responsabilité).

Au moment où Moscou hausse le ton sur toute une série de dossiers internationaux, certains membres de l’Alliance, dont la France, se montreraient-ils hésitants à accueillir la Géorgie ? M. Bejouachvili, qui effectue une tournée en Europe pour défendre le dossier de candidature de son pays, esquive la question. Son pays, dit-il, est disposé à "écouter les arguments de la Russie, qui n’aime pas l’expansion de l’OTAN", mais au final le processus ne doit relever que du seul choix de l’Alliance et de la Géorgie elles-mêmes : Moscou n’a pas à disposer de droit de veto sur les choix stratégiques d’un Etat voisin.

"Je dis par ailleurs aux Russes : une Géorgie dans l’OTAN, stable et prévisible, qui contrôlerait ses frontières, serait une bonne chose pour vous", argue le ministre, alors que les tensions semblent s’aviver en Abkhazie, République séparatiste de Géorgie soutenue par la Russie. Jeudi, un incident armé entre la police géorgienne et des "garde-frontières" abkhazes a fait un mort.

La Géorgie a été déçue par la faiblesse des réactions en Europe après l’incident du tir de missile russe en août. Les protestations les plus fortes étaient venues des Etats-Unis, et de pays "nouveaux" membres de l’OTAN, comme la Pologne et les Etats baltes. Mais l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), sollicitée par Tbilissi, "s’est révélée incapable de réagir", regrette M. Bejouachvili. Le ministre salue cependant le fait que l’incident militaire ait été évoqué par Nicolas Sarkozy lors de ses récents entretiens à Moscou avec Vladimir Poutine. Signe, dit ce responsable, que "la Géorgie est revenue sur l’écran radar de la diplomatie française".


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