mercredi 13 décembre 2017

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Des logiciels espions au service de la police

Christophe Auffray, JDN Solutions

mardi 23 octobre 2007, sélectionné par Spyworld

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L’Autriche prépare une loi pour autoriser l’utilisation de chevaux de Troie dans des affaires terroristes et criminelles graves. L’Allemagne y réfléchit aussi. Aux Etats-Unis, le FBI recourt déjà à des fedwares.

D’ici l’été 2008, la police autrichienne pourrait bien être autorisée à faire usage de chevaux de Troie pour surveiller (ou espionner) des ordinateurs. Le gouvernement autrichien y est en effet favorable et a confié à un groupe de travail la définition de ce nouveau dispositif d’investigation. Celui-ci a jusqu’à février 2008 pour plancher sur le sujet et en définir le cadre d’application.

Cet espionnage, qui sera vraisemblablement soumis à l’approbation d’un juge, ne concernerait que les dossiers criminels dans lesquels les coupables encourent au moins 10 ans de prison, et pour ceux liés au terrorisme. Pour installer ces programmes espions, les policiers disposeraient de plusieurs méthodes, dont celle d’envoyer un email sous une fausse identité pour trompeur l’utilisateur. Un procédé de contamination déjà appliqué par les pirates. Les agents de police pourront également se rendre directement au domicile du suspect et installer eux-mêmes le cheval de Troie pour accéder à distance aux données de l’ordinateur. Ces pratiques policières, même si elles devraient être encadrées, ne font pas l’unanimité. Le gouvernement autrichien mise cependant sur une application à compter de l’été 2008.

L’Autriche n’est toutefois pas le seul état à envisager de recourir à l’espionnage informatique. Début septembre, le ministre de l’Intérieur allemand, Wolfgang Schaeuble, exprimait le souhait de pouvoir introduire des logiciels d’espionnage sur les ordinateurs des individus suspectés de terrorisme. Des dispositions en ce sens pourraient ainsi intégrer le projet de la loi sur la sécurité intérieure porté par la chancelière Angela Merkel.

Des éditeurs d’antivirus collaboraient avec le FBI

L’idée a cependant suscité la polémique, aussi bien du côté de l’opposition que des défenseurs des libertés civiles. Plusieurs experts en sécurité critiquent le procédé en raison de son faible taux de réussite. La controverse est moins vive aux Etats-Unis où le FBI a recours à ces méthodes depuis déjà plusieurs années.

En juin dernier, un tribunal de Washington a d’ailleurs autorisé l’usage fait par le FBI d’un logiciel espion (ou fedware) pour appréhender un adolescent de 15 ans, auteur de menaces terroristes sur MySpace.

Pour que ces programmes espions puissent opérer sans être détectés par des logiciels de sécurité, les autorités américaines n’avaient pas hésité à signer des accords avec des éditeurs. Un important éditeur d’outils antivirus aurait notamment accepté en 2001 de ne pas détecter volontairement Magic Lantern, le logiciel de surveillance développé par le FBI. En 1995, la NSA (National Security Agency) avait persuadé la société Suisse Crypto d’intégrer une backdoor à ses outils de chiffrement.

Dans l’Hexagone, les pouvoirs des forces de police ont également été étendus pour pouvoir traquer les terroristes sur Internet. Une cellule implantée à Levallois-Perret peut désormais effectuer des interceptions de communications électroniques et téléphoniques.

Dans le cadre de la loi relative à la prévention de la délinquance, les policiers peuvent aussi utiliser de fausses identités pour masquer leur présence sur des forums Internet pour confondre notamment des pédophiles.


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