mardi 24 octobre 2017

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L’Europe tente pour la troisième fois de donner un concessionnaire à Galileo

AFP

dimanche 26 juin 2005, sélectionné par Spyworld

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L’Europe doit tenter lundi, pour la troisième fois en huit mois, de donner un concessionnaire au système européen de navigation par satellite Galileo, un choix toujours politiquement difficile alors que Berlin reste "sceptique" sur la fusion des offres des deux candidats.

Après avoir échoué deux fois à départager les consortiums, l’un réuni autour d’Alcatel et Finmeccanica (Eurely), l’autre d’EADS et Thales (iNavSat), l’entreprise publique européenne Galileo JU a accepté une fusion de leurs offres qui a toutes les chances d’être retenue si une décision est prise lundi.

"Il serait assez irréaliste de penser qu’on peut revenir aux conditions initiales", estime une source proche du dossier.

Galileo JU, créée par la Commission européenne et l’Agence spatiale européenne, "n’a pas réussi à choisir un leader par deux fois, on ne voit pas comment, après l’offre commune, elle serait en mesure de faire ce choix", ajoute cette source.

Après un premier échec en octobre dernier, Galileo JU avait une nouvelle fois renoncé en mars à opter pour iNavSat ou Eurely, avançant des "évaluations trop serrées". Déjà à l’époque, certains se demandaient si l’objectif n’était pas en réalité de pousser les consortiums à la fusion.

"On est confiant sur le fait que notre offre conjointe apporte beaucoup d’avantages par rapport aux offres séparées", indique Olivier Coste, responsable Galileo chez Alcatel.

Selon lui, la nouvelle proposition apporterait "plus de revenus, d’apports privés", et donc minimiserait les financements publics. Techniquement aussi, la réunion des deux offres, "complémentaires" en terme de "connaissance des marchés" et de "compétences", apporte aussi des avantages, estime-t-il.

Le futur concessionnaire aura la charge d’exploiter pendant 20 ans Galileo, destiné à concurrencer le seul grand système de navigation par satellite existant aujourd’hui, le GPS américain. Il devra aussi en tirer des recettes commerciales.

La fusion des deux consortiums ne fait cependant pas que des heureux. L’Allemagne n’a ainsi jamais caché sa réticence et tout dépendra lundi de sa position.

"Il n’est pas sûr que la décision soit prise lundi. L’Allemagne est sceptique", juge une source proche du dossier. Et si Berlin bloque vraiment, "d’autres pays risquent de lui emboîter le pas", renchérit une autre.

L’Allemagne, qui craint que le poids des Français, des Italiens et des Espagnols ne soit trop important par rapport aux investissements consentis, entend surtout obtenir des garanties pour son industrie.

"Si on ne se met pas d’accord sur un retour industriel (pour l’Allemagne), c’est tout le projet Galileo qui est menacé", a déclaré mardi le ministre allemand des Transports, Manfred Stolpe.

Si Galileo JU n’est une nouvelle fois "pas capable" de décider lundi, "cela voudra dire qu’il y a un gros problème politique derrière, ce qui serait dangereux pour le programme", estime l’une des sources proches du dossier.

Galileo est "très porteur de services nouveaux, d’emplois et d’indépendance" européenne, estime de son côté M. Coste. "Tout retard serait source de surcoût", ajoute-t-il.

Une fois le concessionnaire choisi, les négociations se poursuivront encore pour finaliser les modalités du contrat de concession.

Compte tenu de la complexité du dossier, plusieurs mois seront alors nécessaires. Or, le contrat doit officiellement être bouclé avant la fin de l’année.


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