vendredi 15 décembre 2017

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Le procès de la CIA reprend à Milan

Clea Caulcutt, France 24

vendredi 2 novembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Le procès des 26 Américains, soupçonnés d’appartenir à la CIA, pour l’enlèvement de l’iman Abou Omar, reprend à Milan mercredi. FRANCE 24 a demandé à Joanne Mariner, expert de l’antiterrorisme pour l’ONG Human Rights Watch, d’éclairer les enjeux du procès.

Des membres présumés de la CIA sont mis en accusation en Italie pour l’enlèvement d’un imam radical Abou Omar ? (cf Photo ci-dessous) Quelles sont les accusations portées contre eux ?

Les agents de la CIA sont accusés d’avoir enlevé l’imam égyptien Abou Omar le 17 février 2003 à Milan. Après son rapt, l’imam a été transféré en Égypte ou il a été sévèrement torturé dans plusieurs prisons. Très rapidement, la communauté internationale s’est mobilisée pour obtenir sa libération alors que la justice à Milan continuait ses investigations sur les activités de la CIA. Conscient de la mauvaise réputation que lui donnait cette affaire, les autorités égyptiennes ont finalement relâché Abou Omar au début de l’année.

Quelles preuves avons-nous contre les agents américains ?

Les preuves ne manquent par contre les agents de la CIA. L’imam Abou Omar a témoigné contre l’agence lorsqu’il a été relâché de prison. Certaines données recueillis par les autorités italiennes viennent appuyer son témoignage. Les agents de la CIA ont utilisés des téléphones portables pour communiquer entre eux lorsqu’ils séjournaient en Italie. Les autorités ont aussi eu accès à des informations concernant leurs vols aériens et leurs réservations de chambres d’hôtel avant et après l’enlèvement de l’imam. Les preuves ne manquent pas contre les membres de la CIA et concernent aussi leurs collaborateurs italiens, membres des renseignements militaires italiens.

Et quel sera, selon vous, le verdict de ce procès ?

Les agents de la CIA ne comparaîtront pas lors du procès donc le verdict sera prononcé in absentia. Les accusés vivent aujourd’hui aux Etats-Unis et éviteront de voyager en Italie. Il y a donc très peu de risques qu’ils encourent des peines de prison. Hormis la confiscation d’une villa secondaire appartenant à l’un des agents, ils ne courent pas de danger. L’importance de ce procès est donc symbolique. Depuis plusieurs années, les pratiques de « restitution » de la CIA sont dénoncés mais les procès contre l’organisation américaine sont rares et n’aboutissent pas. Aux Etats-Unis, les procès civils contre la CIA ont échoué et les enquêtes en Allemagne n’ont rien donné.


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