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Navigation par satellite : l’Europe trouve un concessionnaire à Galileo

AFP

lundi 27 juin 2005, sélectionné par Spyworld

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Après deux tentatives infructueuses, l’Europe a enfin trouvé lundi un concessionnaire au système européen de navigation par satellite Galileo, retenant l’offre commune des consortiums réunis autour d’EADS et Thales d’une part et Alcatel-Finmeccanica de l’autre.

Pour l’entreprise publique Galileo JU, créée par la Commission européenne et l’Agence spatiale européenne et qui avait la difficile tâche de désigner le concessionnaire, "l’évaluation de la proposition commune a clairement montré une valeur ajoutée" par rapport aux offres séparées des deux candidats.

La Commission s’est de son côté félicitée d’un choix qui permettra une "réduction significative de la contribution du secteur public pour l’ensemble de la période de concession (2006-2026)".

L’idée, jusqu’à présent, était que le concessionnaire assume environ les deux tiers du coût de déploiement du système de 30 satellites, soit quelque 1,4 milliard d’euros sur un total de 2,1 milliards. Le reste aurait été puisé dans le budget européen.

Avec la mise en commun des deux offres, cette répartition devrait être affinée. Bruxelles ne donne cependant pas encore de chiffres précis sur ce point, les négociations devant se poursuivre pour finaliser le contrat de concession avant la fin de l’année.

Pour l’exécutif européen, la fusion devrait aussi permettre de dégager quelque "20% de plus de recettes commerciales".

Le concessionnaire aura non seulement la charge d’exploiter Galileo pendant 20 ans mais aussi d’en tirer des recettes commerciales sur des modèles à inventer. Le GPS américain, que Galileo devrait concurrencer, est en effet gratuit pour l’utilisateur.

Se félicitant de la décision de lundi, les membres des consortiums ont quant à eux souligné leur capacité à, ensemble, tirer une palette plus vaste de revenus, avec des applications à la fois dans les télécoms, le transport ou encore la défense.

Outre l’italien Finmeccanica (aéronautique, défense), les français Alcatel (télécoms) et Thales (électronique) et l’européen EADS (aéronautique), les deux consortiums regroupent Aena (Aéroports Espagnols et Navigation aérienne) et Hispasat (opérateur de satellites) ainsi que le britannique Inmarsat (télécommunications par satellite).

Le commissaire européen aux Transports, Jacques Barrot, a salué le fait qu’il y ait "une structure claire de négociation conjointe mise en place par les deux candidats". L’important était d’avoir, pour la période de concession aussi, une entreprise avec un "vrai pouvoir de décision".

Galileo JU avait déjà subi deux échecs, en octobre et mars dernier, en ne réussissant pas à départager les deux consortiums, qui lui avaient depuis présenté une fusion de leurs propositions.

Pour le dernier round de sélection, leurs offres séparées étaient restées sur la table, mais l’offre commune était assurée de l’emporter si une décision était effectivement prise lundi.

La seule incertitude résidait dans la position de l’Allemagne, qui veut un "retour" suffisant pour son industrie, et se montrait depuis le début sceptique à l’idée d’une fusion.

S’il s’est félicité lundi d’une décision favorable au "contribuable", le ministre allemand des Transports, Manfred Stolpe a toutefois réitéré les exigences de son pays.

"En tant que plus gros contributeur au projet Galileo, l’Allemagne n’est pas intéressée seulement à une exploitation rentable du système mais aussi à une participation équitable de l’industrie allemande", a-t-il rappelé dans un communiqué.

"Nous demeurons donc intransigeants dans notre exigence d’un bénéfice industriel convenable de la mise en place et l’exploitation de Galileo pour l’Allemagne", a averti M. Stolpe.


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