lundi 11 décembre 2017

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Pas de pôle de compétitivité dédié aux logiciels libres

Christophe Guillemin, ZDNet.fr

samedi 3 novembre 2007, sélectionné par Spyworld

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L’idée d’un pôle dédié uniquement à l’open source a été écartée par le gouvernement, au profit d’un groupe de travail. Le secteur des logiciels libres sera représenté au sein du pôle de compétitivité System@tic, mené par le groupe d’électronique de défense Thales.

Le gouvernement Fillon a tranché : les logiciels libres n’auront pas leur pôle de compétitivité dédié. Ses acteurs disposeront d’un groupe de travail associé au pôle System@tic* - orienté vers les télécoms, la défense, l’automobile et les transports - dirigé par Dominique Vernay, directeur technique du groupe d’électronique de défense Thales.

« Après une première déception, j’estime finalement qu’il s’agit d’une réelle chance pour notre filière. Nous rejoignons une équipe déjà opérationnelle et efficace, alors qu’il nous aurait fallu au moins un an pour en arriver là. Par ailleurs, nous allons pouvoir capitaliser sur les relations avec les grandes sociétés membres du pôle », commente pour ZDNet.fr François Bancilhon, DG de Mandriva et désormais vice-président de ce groupe thématique sur les logiciels libres.

Linagora préférait un pôle à part entière

Du côté de Linagora, on parle de déconvenue. « Nous sommes très déçus. Un pôle autonome aurait été une meilleure preuve de reconnaissance par le gouvernement de l’importance des logiciels libres en France », indique Alexandre Zapolsky, son P-DG qui est également à la tête de de la Fédération nationale de l’industrie du logiciel libre (Fnill). Il militait depuis 2003 pour la création d’une pôle open source.

Fin 2006, Thierry Breton, alors ministre de l’Économie, s’était pourtant dit favorable à la création d’un pôle de compétitivité dédié à l’open source. Mais le gouvernement Fillon n’a pas suivi cette orientation. Selon nos informations, si le ministère de la Recherche prônait un pôle autonome, celui de la Défense nationale penchait pour un rattachement à Sytem@tic.

Linagora, qui revendique la place de « leader français du logiciel libre », ne participe pas au nouveau groupe thématique. « Nous n’excluons pas de le faire », indique cependant son dirigeant, qui entend « rester constructif ».

Financer des projets autour du libre

Le groupe de travail rattaché à System@tic regroupe une cinquantaine d’entreprises du logiciel libre et des laboratoires universitaires. Ils ont d’ores et déjà proposé une vingtaine de projets, afin d’obtenir des financements publics . À chaque fois, il s’agit de projets collaboratifs rapprochant des entreprises privées et des laboratoires de recherche universitaires.

L’un de ces projets concerne le développement d’un OS Linux embarqué (idée lancée par Openwave) ou encore d’un outil d’administration de parc informatique orienté vers l’écologie (idée pilotée par Mandriva). « L’objectif est d’obtenir des financements publics à hauteur de 30 à 50 % », poursuit François Bancilhon.

À ce jour, le pôle System@tic a participé au développement de 78 projets, représentant un coût d’environ 453 millions d’euros. Sur cette somme, 176 millions ont été apportés par l’État, les agences ANR (Agence nationale de recherche) et Oséo (ex-Anvar), ainsi que par les collectivités locales.

* On trouve parmi les membres de System@tic : Thales, Dassault-Aviation, Alcatel-Lucent, Airbus et PSA.


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