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EADS est maintenant confronté à des difficultés dans la défense

Dominique Gallois, le Monde

lundi 5 novembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Les résultats semestriels d’EADS soulignent la nécessité de restructurer". Le titre du communiqué, publié jeudi 26 juillet, par le groupe franco-allemand d’aéronautique et de défense est sans ambiguïtés. La nécessité de réorganiser est d’autant plus forte qu’aux difficultés d’Airbus, liées à l’A380 et à la réorganisation de sa production, s’ajoutent celles de deux programmes militaires concernant l’hélicoptère NH90 et l’avion de transport A400M.

Le groupe européen a vu son bénéfice net chuter de 93 % au premier semestre, à 71 millions d’euros, en raison de lourdes provisions chez Airbus (plus d’un milliard d’euros répartis entre le plan de restructuration "Power 8" et le lancement du futur long courrier A350XWB) et chez Eurocopter (105 millions d’euros).

Cette filiale d’EADS connaît des difficultés dans la gestion du programme de l’hélicoptère de transport NH90 mené en association avec l’italien Agusta et le néerlandais Fokker. Lancé en 1992, par quatre pays, la France, l’Allemagne, l’Italie, et les Pays Bas, ce projet a connu les déboires inhérents aux coopérations européennes qui reposent notamment sur la répartition des tâches.

Si ce programme est un succès commercial avec 495 commandes fermes, les difficultés viennent du nombre de versions différentes - pas moins de 21 - et de la sophistication des équipements. Cela rend la fabrication complexe, mais aussi cela nécessite pour la livraison que les clients aient des experts suffisamment compétents pour tester la validité des installations et en assurer la réception. Or ce n’est pas le cas pour certains pays qui sont obligés de sous-traiter la réception de leurs hélicoptères à d’autres nations. Les livraisons ont pris du retard et les stocks s’accumulent.

PROVISION FINANCIÈRE

Si la version terrestre de cet hélicoptère est désormais au point, il en va tout autrement pour la version navale qui aurait des problèmes de radars. Face à cette situation, qualifiée en début d’année par le patron d’EADS Louis Gallois de "petit A380 en puissance" selon la CFDT, le patron d’Eurocopter, Lutz Berling a demandé un audit. Ses conclusions ont conduit à cette provision financière.

La situation est aussi préoccupante pour l’A400M, l’avion de transport militaire qui accumule les déboires. "La direction d’Airbus Military et le responsable du programme A400M chez Airbus ont été remplacés", indique le communiqué d’EADS affirmant que "le calendrier global du programme présente des risques, et les fournisseurs de systèmes font toujours face à des difficultés qui pourraient entraîner des modifications tardives dans la conception". Serait principalement visé le consortium chargé de la conception des moteurs qui réunit la Snecma, Rolls Royce, MTU et ITP. Ces retards devraient entraîner un délai de six mois supplémentaire pour le premier vol qui serait prévu désormais à l’été 2008 pour une première livraison en 2009.

A ces problèmes et à ceux d’Airbus se greffent les incertitudes liées à la faiblesse du dollar face à l’euro. A titre d’exemple, le carnet de commandes d’EADS qui atteint 308,2 milliards d’euros à fin juin (contre 262,8 à fin 2006) a subi un ajustement à la baisse de 5,4 milliards d’euros conséquence de la baisse du billet vert.

Au mois de mars, lors de la présentation des résultats 2006, les coprésidents d’EADS Louis Gallois et Tom Enders avaient prévenu qu’il fallait s’attendre à une année difficile pour Airbus, mais que le groupe devrait rester bénéficiaire grâce aux contributions des autres divisions.

Le groupe EADS a confirmé leur prévision tablant sur un bénéfice opérationnel annuel "à peu près stable" (399 millions en 2006) et sur un "léger recul" du chiffre d’affaires, tout en soulignant que "les risques liés à certains programmes demeurent" Parmi les points positifs, outre les importantes prises de commandes qui ont permis à Airbus de reprendre la tête devant Boeing, s’ajoute une trésorerie positive pour EADS.

CHIFFRES

NH90.

Cet hélicoptère militaire biturbine de 10 tonnes est conçu pour le transport de troupes (jusqu’à 21 soldats) et de matériel (jusqu’à 4 tonnes de charge). Son développement a été lancé en 1992 par quatre pays : l’Allemagne, la France, l’Italie et les Pays-Bas. Il est produit par NH Industries, consortium comprenant Eurocopter (62,5 %), Agusta (32 %) et Fokker (5,5 %). Le NH90 existe en deux versions, terrestre et marine, et 495 exemplaires ont été commandés par 14 pays. Les premiers appareils (version terrestre) ont été livrés à la fin de l’année 2006 à l’Allemagne.

A400M.

Le programme de cet avion militaire de transport a été lancé en 2003. Airbus Military et l’Occar (Organisation conjointe de coopération en matière d’armement), représentant l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, la France, le Luxembourg, le Royaume-Uni et la Turquie, ont alors signé un contrat portant sur 180 appareils. Le nombre de commandes total (avec celles de la Malaisie et de l’Afrique du Sud) est de 192 unités. Le premier vol, reporté de six mois, serait prévu à l’été 2008.


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