mardi 17 octobre 2017

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ABM : Washington vise désormais le Caucase (Vedomosti)

RIA Novosti

mercredi 7 novembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Pendant que des consultations sont en cours sur l’utilisation des radars russes de Gabala (en Azerbaïdjan) et d’Armavir, les Etats-Unis s’apprêtent à déployer des éléments du bouclier antimissile (ABM) au sud de la Russie, en tant que supplément à la base antimissile en Pologne et au radar en République tchèque, note mercredi le journal Vedomosti.

Au début du printemps, bien avant la proposition de Vladimir Poutine d’utiliser conjointement le radar de Gabala (au mois de mai), le général Henry Obering, directeur de l’Agence américaine de défense antimissile, déclarait que son pays souhaitait déployer un radar dans le Caucase.

Fin octobre, les journalistes russes invités au Bureau polonais de sécurité nationale (BBN) ont pu voir des diapositives concernant le bouclier antimissile en Europe. L’une d’entre elles représentait un radar mobile déployé dans la région de la mer Caspienne. Le BBN a alors indiqué qu’il s’agissait d’une erreur. Mais un ouvrage identique est pourtant visible sur le schéma présenté sur le site de l’Agence américaine de défense antimissile. Il s’agit d’un radar centimétrique susceptible d’être placé sur une plate-forme mobile sur terre ou sur mer, et capable d’assurer la détection rapide de tirs de missiles et un meilleur guidage des missiles antimissiles.

L’Agence de défense antimissile, le ministère américain de la Défense et le Département d’Etat ont laissé sans réponse les questions que leur a adressées le journal. Selon un porte-parole du ministère russe de la Défense, la question du déploiement d’un radar américain dans le Caucase et près de la mer Caspienne n’a pas été soulevée lors des négociations avec les Américains. Le ministère de la Défense s’est refusé à tout commentaire.

Une source émanant du ministère russe de la Défense indique qu’un tel radar permettrait aux Etats-Unis de contrôler non seulement des tirs de missiles iraniens - inexistants - de longue portée, mais aussi les polygones d’essai russes dans la région d’Astrakhan et au Kazakhstan.

Si les Etats-Unis avaient des intentions sérieuses en la matière, les militaires russes en informeraient sans tarder les hommes politiques, suppose pour sa part Victor Ozerov, président du comité de la défense et de la sécurité du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe).

Les Etats-Unis envisagent également de détecter les tirs de missiles iraniens à l’aide de satellites, ce qui rend peu convaincante la version de Washington selon laquelle celui-ci aurait besoin d’un tel radar pour détecter rapidement des tirs de missiles, estime Anatoli Diakov, directeur du Centre d’étude des problèmes de désarmement. Cependant, si les Américains ont décidé de couvrir l’ensemble du territoire russe, un radar de ce type leur sera très utile dans cette région. Etant donné que les Etats-Unis déploient des radars antimissiles en Extrême-Orient également, il ne manquera qu’un radar implanté quelque part en Mongolie pour couvrir l’ensemble de la Russie.

Par rapport à une stratégie nucléaire classique, l’installation d’ouvrages de ce type dans le Caucase se présente comme la création d’une infrastructure susceptible d’être utilisée à l’avenir contre la Russie, suppose l’expert Ivan Safrantchouk.

Cet article est tiré de la presse et n’a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.


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