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Pessimisme en Israël avant une réunion internationale sur le Proche-Orient

AFP

jeudi 8 novembre 2007, sélectionné par Spyworld

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A moins de trois semaines d’une réunion internationale aux Etats-Unis sur le Proche-Orient, le pessimisme grandit en Israël quant à ses chances de succès, accentuant les risques d’une opération militaire d’envergure contre le Hamas à Gaza.

Le Mossad (sécurité extérieure), le Shin Beth (sécurité intérieure), et les Renseignements militaires viennent de remettre un rapport commun au Premier ministre Ehud Olmert, l’avertissant que le président palestinien Mahmoud Abbas ne pourrait pas appliquer un éventuel accord de paix conclu à Annapolis.

"Il n’est même pas capable d’arrêter les voleurs et les trafiquants de drogue", indique ce rapport dont des extraits ont été rendus publics jeudi par la radio militaire.

Selon les Renseignements militaires, M. Abbas serait même coupé des divers groupes armés relevant du Fatah, son propre parti, et son rôle se bornerait à verser des salaires à ses fonctionnaires et à son appareil sécuritaire.

Interrogé par des journalistes sur ce rapport, le ministre des Infrastructures Binyamin Ben Eliezer a répondu : "Je connais ces estimations, mais nous devons prendre des risques".

"Il faut préserver un horizon politique, mais nous devons garder à l’esprit l’état réel de l’Autorité palestinienne", a pour sa part déclaré à la radio militaire le vice-Premier ministre, Shaoul Mofaz, à propos de la réunion prévue le 26 novembre à Annapolis.

"Je conseille à toutes les parties impliquées, y compris aux Palestiniens, de se fixer des objectifs raisonnables afin qu’il n’y ait pas de déceptions débouchant sur une dégradation de la situation", a ajouté cet ancien chef d’état-major et ex-ministre de la Défense.

Pas moins de 51% des Israéliens partagent ce pessimisme, contre 40% qui pensent que la réunion d’Annapolis (Maryland) augmentera les chances d’un accord permanent avec les Palestiniens, selon un récent sondage.

Pour le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, la priorité est de mettre un terme aux incessants tirs de roquettes depuis la bande de Gaza, sous contrôle des islamistes du Hamas depuis la mi-juin.

M. Barak répète à l’envi que "chaque jour qui passe nous rapproche inéluctablement d’une vaste opération (militaire) à Gaza". Sous la pression de ses camarades travaillistes, il a du bout des lèvres souhaité le succès de la réunion d’Annapolis, et indiqué vouloir y associer Damas.

Selon les médias israéliens, il espère en fait troquer ainsi les pourparlers avec les Palestiniens contre un dialogue direct avec la Syrie qui permettrait de dissocier ce pays de l’Iran, "principal ennemi stratégique" d’Israël.

Côté palestinien, le ton n’est guère plus encourageant. Jibril Rajoub, haut responsable du Fatah, met en garde contre un échec de la réunion internationale.

"Rater cette chance historique compromettrait l’équilibre régional et la paix dans le monde", a-t-il dit à l’AFP.

Pour Azzam el-Ahmed, président du groupe parlementaire du Fatah, "les Etats-Unis doivent exercer des pressions sur Israël afin que les résolutions internationales et la +Feuille de route+ soient appliquées".

Ce plan international de paix, lancé en 2003 et resté lettre morte, a fixé des étapes à la création d’un Etat palestinien. Il prévoit en parallèle un arrêt des violences par les groupes armés palestiniens et le gel de la colonisation israélienne.

Rafiq Husseini, directeur du cabinet de M. Abbas, considère quant à lui que "la question fondamentale, c’est Jérusalem. Nous n’accepterons jamais de faire d’une autre ville la capitale d’un Etat palestinien".


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