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Un avion espion américain et un avion de communications russe...

Red-Stars.org

samedi 10 novembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Personne ne s’étonnera que des développements militaires dans un pays conduisent à l’adoption de voies similaires par ses rivaux. Il existe beaucoup de cas de ce genre mais il est difficile de trouver un exemple de commandes de l’industrie occidentale au secteur de la défense russe, l’aidant à se remettre sur pieds par la même occasion. C’est pourtant ce qui se passé actuellement : les avionneurs russes négocient avec une firme occidentale non dévoilée la possible reprise de la production de l’avion à haute altitude Myasishchev M-55.

Cet appareil a été conçu en URSS à la fin des années 1960 comme une réplique de l’avion de reconnaissance à haute altitude américain Lockheed U-2. La mission donnée of M-55 russe sera aujourd’hui entièrement pacifique : une plateforme relais de télécommunications. Mais cela reste un fait : l’industrie occidentale pourrait aider à la reprise de la production d’avions de reconnaissance à haute altitude russes.

Depuis les années 1950, l’avion U-2 américain a exaspéré les dirigeants russes en réalisant des vols de reconnaissance loin à l’intérieur du territoire de l’URSS à une altitude au-delà de la portée des intercepteurs. Développé par Lockheed, le U-2/TR-1 a été surnommé la “Black Lady de l’Espionnage” aux Etats-Unis pour avoir réalisé principalement des missions pour la CIA. En mai 1960, ses vols au-dessus de l’URSS furent interrompus quand un appareil, piloté par Francis Gary Powers et approchant des montagnes de l’Oural, fut abattu par un nouveau système sol-air.

Mais l’urgence de développer le M-55 n’avait pas disparu. Hormis la reconnaissance à haute altitude, ces avions eurent pour tâche d’intercepter les ballons à haute altitude qui dérivaient sur le territoire soviétique en photographiant et filmant ce qu’ils voyaient. Le besoin d’installer des armes à bord de l’appareil ont conduit les concepteurs du M-55 à rechercher un ratio poids/charge utile acceptable. Le produit final fut un design léger et résistant à deux fuselages, ce qui reste assez rare parmi les appareils entrés en production de série. Les opérations des ballons ayant cependant vite cessé, le besoin d’armer le M-55 a disparu. Ce qui a permis d’augmenter sa charge utile mais l’appareil n’a jamais atteint la production en série. Pour les besoins du Ministère de la défense, l’usine aéronautique de Smolensk en produisit quatre prototypes dont deux furent perdus dans des accidents. L’un des appareils restant fut converti en avion laboratoire volant de surveillance de l’environnement connu sous la désignation plus pacifique M-55 Geophizika.

Les plans occidentaux pour transformer un appareil de reconnaissance en avion relais de communications sont logiques : utiliser des avions au lieu de satellites s’avère plus avantageux en matière de télécommunications civiles. Les militaires utilisent eux-mêmes de nombreux appareils relais comme les avions russes An-12RT et An-26RT ainsi que les hélicoptères Mi-9. Recourir à des avions est parfois la seule option possible. Il existe plusieurs endroits sur terre où les canaux satellites sont irrecevables. Par exemple dans les zones victimes de catastrophes naturelles lorsque les infrastructures de télécommunications terrestres sont détruites et que l’arrivée de stations mobiles est rendue difficile. Dans de tels cas, la solution optimum est un appareil spécial. Il est également souhaitable que, pour des raisons économiques, il puisse voler aussi haut que possible. A une altitude de 20 km, un avion peut émettre des signaux sur une zone plus vaste équivalente à celle que couvriraient cinq appareils volant à 5 km d’altitude. De plus, une charge utile importante est souhaitable pour les équipements de telecommunications qui pèsent lourd.

On s’aperçoit ainsi que le M-55 est tout simplement le top pour des communications durables dans des situations d’exception. Voici un bref aperçu de ses caractéristiques. L’appareil est équipé de réacteurs d’une poussée nominale de 4,5 tonnes chacun. Il a une vitesse de croisière de 740 km/h et un rayon d’action maxi de 5 000 km à une altitude de 17 000 mètres.

De leur côté, les américains ont fabriqué 35 appareils U-2/TR-1. Aucun autre appareil n’égale le M-55 actuellement mais certaines rumeurs évoquent la reprise récente de la production en série de la « Black Lady »...

Initialement publié par Andrei Kislyakov, RIA Novosti.


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