lundi 16 octobre 2017

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La Défense ne veut plus de Montebello

André Duchesne, la Presse

jeudi 15 novembre 2007, sélectionné par Spyworld

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La Défense nationale souhaite que le fédéral ne tienne plus de sommet des chefs à Montebello, comme celui de l’ALENA en août dernier, car cet endroit représente un véritable casse-tête en matière de sécurité.

« Une chose apprise à la suite de ce sommet est que le site n’était pas l’idéal. Nous ne devrions pas avoir de sommets des chefs à Montebello », a déclaré hier matin le lieutenant-général Marc Dumais, commandant de Commandement Canada, à l’occasion de la conférence Défense Sécurité Innovation 2007 tenue à Québec.

Assurer la protection du premier ministre canadien Stephen Harper, du président américain George W. Bush et du président mexicain Felipe Calderon était complexe, tant sur le plan de la sécurité aérienne que maritime, a précisé le lieutenant-général.

« Dans une perspective de sécurité aérienne, nous étions pris en sandwich entre les espaces aériens de Montréal et de Toronto », expose-t-il.

Résultat, les chasseurs CF-18 en patrouille avaient peu de marge de manoeuvre pour contrôler et, ultimement, abattre, un avion ennemi en cas d’attaque sur le site. Il faut comprendre que le couloir aérien est très fréquenté. De plus, au sol, toute la région est urbanisée.

Même problématique sur les eaux. « Le fait de rassembler des chefs à la limite d’une voie navigable très populaire (la rivière Outaouais) n’avait pas beaucoup de sens en matière de contrôle de la sécurité », a ajouté l’officier supérieur.

En entrevue, il a reconnu que, si la Défense a eu son mot à dire dans les préparatifs, elle n’avait pas été suffisamment intégrée dès le départ dans ceux-ci. « Pour les prochains événements, nous allons participer au processus dès le début », assure-t-il.

C’est la GRC qui était le maître d’oeuvre dans la coordination des mesures de sécurité du sommet. La Sûreté du Québec, l’Ontario Provincial Police, la police d’Ottawa et d’autres partenaires y étaient aussi. La Défense (MDN) participait dans le cadre de l’opération Lobos. La patrouille du ciel était sous l’égide du NORAD, organisation militaire canado-américaine chargée de la protection aérospatiale et aérienne du territoire des deux pays.

Commandement Canada est une branche du MDN qui veille aux opérations militaires à l’intérieur des frontières canadiennes, à la demande des autorités civiles. C’est cette branche qui, par exemple, sera présente à l’occasion des Jeux olympiques de 2010 à Vancouver.

Mieux à Kananaskis

Ce n’est pas la première fois que l’Auberge Montebello est le lieu de rencontre des grands de ce monde. En 1981, le premier ministre Pierre Elliott Trudeau avait accueilli les six autres chefs de pays les plus industrialisés dans le cadre d’un sommet du G7. Depuis, le G7 (devenu G8) a eu lieu à Toronto (1988), Halifax (1995) et Kananaskis en Alberta (2002).

Le sommet de 2002 devait au départ avoir lieu à Ottawa. Mais les autorités avaient préféré le tenir dans un endroit éloigné des grands centres, dans la foulée des événements du 11 septembre 2001. Le Canada doit de nouveau accueillir ce sommet en 2010.

Le lieutenant-général Dumais rappelle qu’il revient au gouvernement de prendre la décision de tenir un sommet à tel ou tel endroit. Mais quel que soit l’emplacement, tous les aspects associés à la sécurité doivent être revus dans les moindres détails.

Le sommet de l’ALENA a eu lieu les 20 et 21 août. Les forces de sécurité y avaient déployé d’énormes effectifs. Une interdiction de voler dans les parages avait été décrétée. Des avions chasseurs canadiens (CF-18) et des avions du NORAD sillonnaient le ciel. Au sol, la police était omniprésente. C’est d’ailleurs les manifestations des gens venus dénoncer cette rencontre qui a le plus occupé les forces de l’ordre.

Il y a quelques jours, La Presse a dévoilé que la présence de la SQ au sommet avait coûté 7 millions de dollars aux contribuables québécois. Les coûts engendrés pour la GRC et la police de l’Ontario ne sont toujours pas connus. Selon le lieutenant-général Dumais, les coûts pour l’armée devaient être minimes, car ils étaient intégrés aux opérations régulières.


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