dimanche 22 octobre 2017

Accueil du site > Défense > International > L’UE doit augmenter ses capacités militaires, affirme (...)

L’UE doit augmenter ses capacités militaires, affirme Miliband

AFP

vendredi 16 novembre 2007, sélectionné par Spyworld

logo

L’Union européenne doit "accroître ses capacités" militaires et sa coopération avec l’Otan même si elle ne sera "jamais une super-puissance", a estimé jeudi le ministre britannique des Affaires étrangères dans un grand discours sur l’Europe prononcé en Belgique.

"L’UE n’est pas et ne sera jamais une super-puissance", a souligné David Miliband devant le Collège de Bruges, dans un discours dont l’AFP a obtenu le texte.

Mais elle peut selon lui être "une puissance modèle", qui "fixe des normes mondiales" et se fait "le champion de la défense du droit international et des droits de l’Homme".

Pour cela, elle doit pouvoir répondre aux menaces émanant d’Etats "fragiles" ou "voyous", a expliqué le ministre.

"Les Etats membres doivent améliorer leurs capacités. Il est gênant que les pays européens, avec près de deux millions d’hommes et de femmes sous les drapeaux, ne puissent pas en déployer, et encore avec difficulté, plus de 100.000 à la fois. Les pays de l’UE disposent d’environ 1.200 hélicoptères de transport, et pourtant ils n’en ont déployés que 35 en Afghanistan et aucun au Darfour où il y en a désespérément besoin", a énuméré le Britannique.

Sans citer le président français, le ministre semble répondre à Nicolas Sarkozy qui conditionne un retour de la France dans le commandement militaire intégré de l’Otan à un renforcement de la défense européenne pour assurer l’"indépendance" et l’"influence" de l’Europe.

"Nous devons surmonter les obstacles à une collaboration (des pays de l’UE) avec l’Otan", souligne M. Miliband et "nous saluons les signes d’une plus grande volonté de partenaires-clé d’aller dans ce sens".

M. Miliband réaffirme aussi quelques principes de la politique européenne britannique : ouverture des marchés et refus du protectionnisme, y compris la nécessité de "moderniser" l’agriculture européenne ; besoin d’inclure la Turquie et les pays des Balkans dans l’UE "dès qu’ils rempliront pleinement les critères". Et volonté d’établir une zone de libre-échange avec tous les pays "à la périphérie de l’UE".

Il souligne aussi que l’Union européenne doit aussi être une "Union écologique". Il propose d’inclure - après les compagnies aériennes pour lesquelles un projet de loi est en discussion - les transports routiers dans la Bourse d’échanges européenne du C02, un outil clé des 27 pour atteindre leur objectif d’une réduction des gaz à effet de serre d’au moins 20% d’ici 2020.

"Comme la Banque centrale européenne régule l’offre monétaire dans la zone euro" - dont la Grande-Bretagne ne fait pas partie - une "Banque européenne du carbone" pourrait "à l’avenir fixer des limites à la production de carbone en Europe", dit-il.

S’il estime que l’UE doit se concentrer sur "les défis externes plutôt qu’internes", M. Miliband ne cite pas une fois dans son discours le nouveau traité européen qui doit être signé le 13 décembre à Lisbonne et vise notamment à renforcer la politique extérieure de l’Union. Sans doute pour éviter d’alimenter la controverse en Grande-Bretagne, où les eurosceptiques réclament un référendum que le Premier ministre Gordon Brown a toujours exclu.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :