vendredi 20 octobre 2017

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Changements climatiques : un défi pour la Défense

André Duchesne, la Presse

dimanche 18 novembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Depuis quelques mois, le gouvernement fédéral multiplie les annonces de nouveaux projets d’infrastructures dans l’Arctique. Or toutes ces initiatives devront tenir compte de la disparition graduelle du pergélisol, imputable aux changements climatiques.

Déjà, le ministère de la Défense nationale doit composer avec les effets pernicieux de cette dégradation sur les infrastructures existantes comme les pistes d’aéroports et les routes. « Ce problème va nous atteindre rapidement. Il y aura énormément de travail à faire dans ce domaine au cours des prochaines années », a indiqué hier la brigadier-général Christine Whitecross, commandante de la Force opérationnelle interarmées Nord à la conférence Défense Sécurité Innovation présentée à Québec.

La rencontre a pour but de rassembler des représentants du ministère de la Défense nationale (MDN) et de l’industrie. La conférence de la brigadier-général portait sur les défis qui attendent les militaires canadiens dans l’Arctique au cours des prochaines années.

On s’en doute, la défense de la souveraineté canadienne dans ce vaste territoire constituera un des principaux défis. Avec le recul des glaces, le passage du Nord-Ouest est de plus en plus accessible aux navires. De plus, certaines nations remettent en cause la souveraineté canadienne dans le secteur.

Mais beaucoup d’autres problèmes attendent les gouvernements, les organismes, la population. Le cas du pergélisol en est un bon exemple.

Soumis au réchauffement, des acres et des acres de terrain se sont petit à petit décongelées. Imbibés d’eau, ils se sont effondrés sur eux-mêmes. Qu’on imagine un instant des installations aménagées là !

« Architectes, designers et ingénieurs s’entendent sur le fait qu’ils doivent maintenant penser à construire différemment dans le Nord », dit la brigadier-général.

Mais il faudra aussi inspecter et renforcer les infrastructures existantes, plus particulièrement ce qu’on appelle les infrastructures essentielles, ajoute-t-elle. Les aéroports, le système de distribution d’électricité, les hôpitaux et certaines installations militaires en font partie.

Moderniser le Nord

Professeur au département de biologie de l’Université Laval, Louis Fortier a une autre vision. Si les changements climatiques se poursuivent, le pergélisol disparaîtra. Et il sera alors plus facile de construire des infrastructures avec les technologies utilisées dans le Sud. Certes, à court terme, il faudra faire face à des défis immenses. Déjà, dans l’ouest de l’Arctique, des populations établies en bordure des côtes doivent parfois déménager après une tempête, car les vagues rongent jusqu’à 20 mètres de littoral non gelé d’un seul coup. Mais à long terme, il voit des avantages. "La construction, l’entretien et le développement des infrastructures sera beaucoup plus facile. On pourra par exemple construire des systèmes d’égouts et d’aqueduc. Sans pergélisol, nous serons en mesure de moderniser le Nord."


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