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Les anciens de la Stasi se muent en héros de la paix

Pierre Bocev, le Figaro

mardi 20 novembre 2007, sélectionné par Spyworld

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À l’occasion d’un colloque scientifique, les espions de l’ex-RDA ont impunément réécrit l’histoire de leurs méfaits.

L’intention, purement académique, était tout ce qu’il y a de plus honorable. Thomas Wegener Friis, jeune historien danois du Centre d’études de la guerre froide, entendait donner la parole à des « témoins directs », avant qu’ils ne disparaissent et qu’il soit « trop tard » pour la science. Consacré à l’espionnage étranger de la Stasi, la police politique de la RDA, le colloque devait à l’origine avoir lieu à Berlin. Il s’est tenu le week-end dernier à l’université d’Odense et a peu ou prou tourné au scandale.

Car les « témoins directs », une soixantaine de dignitaires des services secrets est-allemands dissous en 1990, ont profité de l’occasion pour se livrer impunément à un vibrant plaidoyer de leur passé professionnel « au service de la paix ». Pour Hubertus Knabe, le directeur du musée commémoratif de la Stasi à Berlin, on aurait tout autant pu « inviter Oussama Ben Laden à une conférence sur le terrorisme ».

Absent pour cause de santé défaillante, Werner Grossmann, 78 ans, le dernier patron de la HVA (Hauptverwaltung Aufklärung : administration principale du renseignement), avait fait parvenir un message écrit pour rendre hommage à ses troupes, par opposition aux méthodes des services occidentaux. « Nous, nous n’avons jamais envoyé des commandos de tueurs, il n’y a pas eu d’enlèvements, et nous n’avons pas coopéré avec des terroristes. » Que la RDA ait offert l’asile à une douzaine de membres recherchés de la bande à Baader, pas un mot. Pas plus sur les explosifs que la Stasi avait livrés à Carlos pour commettre un attentat à Berlin.

Une balle dans la nuque

Nombre de chercheurs occidentaux, selon la presse allemande qui rend amplement compte de la réunion d’Ostende, se sont étonnés de cette réécriture de l’histoire. Sans impressionner le moins du monde les « éclaireurs de la paix » autoproclamés. Jürgen Strahl, ex-capitaine de la HVA et aujourd’hui avocat à Berlin, a ainsi justifié la dernière exécution en RDA, en 1981 lorsque Werner Teske, lui-même de la Stasi, a été condamné à mort et liquidé d’une balle dans la nuque. « Les traîtres se suicident ou alors ils sont abattus. »

Ou encore Rainer Rupp. « Topaze », l’homme qui avait infiltré l’Otan et livré des milliers de documents ultrasecrets de l’Alliance au pacte de Varsovie. Libéré de prison en 2000, il claironne aujourd’hui que ses actes ont « empêché un conflit nucléaire », Moscou ayant eu grâce à lui une vision précise de l’état des préparatifs militaires de l’Ouest. Avec une mention spéciale pour le rôle des « Roméos », espions de RDA chargés de séduire les femmes ouest-allemandes dans les antichambres du pouvoir.

En somme, pas de regrets. « J’ai toujours été fier de mon travail », affirme Ralf-Peter Devaux, 67 ans, l’homme qui avait dirigé l’espionnage est-allemand contre la RFA et mis en place Günter Guillaume, la taupe qui a fait chuter Willy Brandt. Le seul bémol est venu de la bouche de Wolfgang Schwanitz, le dernier patron de la Stasi. « Peut-être ne faut-il pas parler de fierté. Après tout, nous avons perdu. »


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1 Message

  • Les anciens de la Stasi se muent en héros de la paix 20 juin 2009 15:39, par Marienthal

    aux affaires en qualité de militaire à berlin de 1980 à 1990 je me permets de réagir aux propos de werner grossman,ce personnage oubli que la stasi à tué un sous-officier francais adjudant-chef Philippe Mariotti en mission commandé à Lettin près de Halle en RDA le 22 mars 1984 sous le couvert d’un accident routier entre un camion OURAL 375 de la NVA et la VGL n°34 de la MMFL en mission, dans le camion OURAL 375 un simple soldat de la NVA (chauffeur) et un chef de bord en réalité un membre de la Stasi déguisé en sous/off ou officier de la NVA qui lui à donné l’ordre au chauffeur de percuter volontairement la VGL de la mission ,donc de blesser ou de tuer, Philippe Mariotti est mort,il faut savoir que la MMFL était dans la légalité de l’endroit et quela MMFL dépendait des accords de postdam, werner grossman oubli que la RDA était aussi un grand terrain de jeux pour les terroristes (la bande à baader, Carlos,etc).