mercredi 18 octobre 2017

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Vladimir Poutine cherche à galvaniser le moral d’une armée en crise

Marie Jégo, le Monde

mercredi 21 novembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Intervenant, mardi 20 novembre, devant les généraux du ministère de la défense, le président russe Vladimir Poutine a fustigé le comportement des pays de l’OTAN, qui "gonflent les muscles" et "augmentent leurs ressources militaires près de nos frontières en violation des accords conclus". En réponse, Moscou suspendra, dès le 13 décembre, sa participation au traité sur les Forces conventionnelles en Europe (FCE).

Socle de la sécurité en Europe, depuis la fin de la guerre froide, ce traité a été signé en 1990 par les pays de l’OTAN et du Pacte de Varsovie. En 1991, l’URSS s’effondrait. Le traité a été modifié en 1999 mais les pays de l’Alliance n’ont pas ratifié la nouvelle version, arguant du maintien de troupes russes dans des régions séparatistes prorusses de Géorgie (Abkhazie, Ossétie) et de Moldavie (Transnistrie).

"La Russie étudiera une reprise de ses obligations quand ils auront adhéré à la version adaptée du FCE et surtout l’appliqueront", a martelé M. Poutine qui est aussi le commandant en chef de l’armée. La Russie doit se doter de forces nucléaires modernes, capables "de riposter de façon adéquate et immédiate à tout agresseur". Les forces conventionnelles devront "trouver de nouveaux moyens pour neutraliser les menaces à la base". Le ministre de la défense, Anatoli Serdioukov, a rappelé qu’un exercice stratégique, "Stabilité 2008", censé prévenir les conflits aux frontières, était prévu. L’exercice vise notamment la Géorgie, où les troupes russes ont été évacuées avec le départ récent du contingent de Batoumi. Dans le même temps, Tbilissi dénonçait un envoi de troupes russes en Abkhazie, la république autoproclamée des bords de la mer Noire, où aucune inspection internationale n’est autorisée.

AUGMENTATION DE SALAIRES

Le discours sur la grandeur militaire a cédé la place à des considérations plus terre à terre sur l’état matériel de l’armée, laissée pour compte du développement économique, selon un rapport de l’Institut de la stratégie nationale. Selon ce document, l’armée, rongée par l’absence de discipline, la corruption et la pauvreté, traverse une crise sans précédent. Soixante-quinze pour cent des officiers font du voiturage ou du gardiennage pour arrondir leur fin de mois. La retraite d’un colonel représente un quart de celle d’un officier du FSB (services de sécurité).

Tête de liste de Russie unie, le parti du pouvoir, pour les élections législatives du 2 décembre, M. Poutine a promis aux militaires des rations alimentaires améliorées et des augmentations de salaires (+ 15 %). Les arriérés sur les retraites seront payés et à la place des "masures puantes", de nouveaux logements seront construits. Croyant bien faire, M. Serdioukov a évoqué la construction d’un hôpital militaire au Kamtchatka (Sibérie orientale). Mal lui en a pris. Le président, qui s’était rendu dans la région en septembre, l’a tancé : "Nous n’y sommes même pas allés parce que ce qui devait être prêt ne l’était pas !" Deux généraux ont été sommés de s’expliquer sur ces dysfonctionnements. L’épisode a été montré par toutes les chaînes de télévision.


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