mardi 12 décembre 2017

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Pour Andreï Lougovoï, la meilleure défense est l’attaque

Dimitri Solovyov, Reuters

jeudi 22 novembre 2007, sélectionné par Spyworld

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L’homme que la Grande-Bretagne soupçonne d’avoir assassiné l’ancien espion du KGB Alexandre Litvinenko a déclaré jeudi qu’il combattrait ses accusateurs "d’une manière bien plus dure et bien plus douloureuse".

Andreï Lougovoï, qui est candidat aux législatives du 2 décembre en Russie, affirme que les accusations de meurtre formulées à son encontre - Litvinenko a été empoisonné à Londres avec une substance radioactive - procèdent d’un complot fomenté par les services secrets britanniques pour discréditer la Russie.

Il estime que le seul moyen de défendre sa réputation est de passer à l’offensive.

"Si vous cédez à la pression, si vous vous cachez dans l’ombre, si vous tentez de respecter les règles de quelqu’un d’autre, c’est la fin, vous avez des ennuis", a déclaré Lougovoï à la veille du premier anniversaire du décès de Litvinenko.

"(Cela) aurait été une erreur non seulement pour moi mais aussi pour ma famille", a-t-il expliqué dans une interview. "Mon fils, qui grandit, devrait (...) apprendre cela : ne pas vivre selon le principe voulant que si on te frappe, tu tends l’autre joue.

"S’ils te frappent sur une joue, réagis d’une manière bien plus dure et bien plus douloureuse", a-t-il ajouté.

Litvinenko, un ancien agent du KGB qui s’était installé à Londres est décédé le 23 novembre 2006 dans un hôpital londonien après l’absorption d’une dose importante de polonium 210, une substance radioactive.

EN CAMPAGNE

Ses amis ont dit que Litvinenko, sur son lit de mort, avait accusé le président russe Vladimir Poutine d’avoir commandité son meurtre. Le Kremlin a qualifié cette allégation d’absurde.

L’affaire a pris de l’ampleur, devenant le pire incident diplomatique russo-britannique depuis la fin de la Guerre froide. Des diplomates affirment que les relations entre les deux pays ne s’en sont toujours pas remises.

Entretemps, Lougovoï, 41 ans, est devenu une célébrité en Russie. Il s’est porté candidat aux législatives du 2 décembre.

Pendant sa campagne, il a abondamment critiqué ce qu’il appelle les ennemis de la Russie : au premier chef, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.

Dans un hôtel de la périphérie de Koursk, dans l’ouest de la Russie, une étape de sa tournée électorale, il a minimisé l’importance des poursuites engagées par Londres contre lui ainsi que le projet de la veuve de Litvinenko, Marina, qui veut le poursuivre devant la Cour européenne des droits de l’homme.

"Les services de renseignement britanniques sont derrière tout cela", a-t-il dit.

"Je vois bien le type de justice dont il s’agit ici. De plus, même si des preuves font tout à coup leur apparition maintenant, après une année entière, je suis convaincu qu’il s’agira de nouvelles preuves truquées."

Lougovoï, qui a travaillé par le passé comme garde du corps de hauts responsables gouvernementaux, a rencontré Litvinenko le jour où ce dernier est tombé malade. La Russie a rejeté la demande d’extradition formulée par Londres, provoquant une série d’expulsions réciproques de diplomates.


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